L’auto solaire fait rêver depuis toujours. Mais cette technologie est peut-être plus près de se concrétiser qu’on ne le pense. Car, hier, Nissan a présenté un utilitaire Ariya dont la batterie est rechargée grâce à l’énergie solaire. Doté de panneaux de capteurs solaires, ce prototype a été dévoilé par le constructeur nippon dans le cadre de la Journée internationale de l’énergie propre, adoptée par les Nations unies, qui a lieu le 26 janvier.
Bien entendu, ce prototype n’est pas en mesure de vous transporter de Montréal à Gaspé d’un trait grâce à la lumière de Galarneau, pour reprendre l’expression québécoise d’arrière-pays. En revanche, il fait mieux — beaucoup mieux — que la Mazda 929 Serenia du début des années 90. C’était une élégante grande berline qui était dotée, en option, d’un toit vitré ouvrant couvert de capteurs solaires; une innovation qui s’est révélée peu performante et qui suffisait à peine à ventiler l’habitacle pour le rafraîchir lorsque la voiture était garée.
L’Ariya « solaire » dévoilé hier procure des gains nettement plus substantiels, surtout pour le véhicule à motorisation électrique qu’il est. Des essais réalisés par Nissan en conditions réelles durant des journées ensoleillées en témoignent.
Carrosserie tapissée de cellules photovoltaïques
Grâce aux 3,8 m carrés de panneaux solaires à cellules photovoltaïques qui recouvrent sa carrosserie, il a été possible de convertir la lumière du soleil en électricité pour donner 23 kilomètres d’autonomie au véhicule.
Développé conjointement par des ingénieurs de l’équipe de l’Advanced Product Planning à Dubaï et du département Powertrain Planning à Barcelone, ce véhicule-concept a des panneaux solaires de haute performance sur son capot, son pavillon et la lunette de son hayon.
Composés de polymères et de verre, ces panneaux convertissent le rayonnement solaire en courant continu (DC), géré par une unité de contrôle de pointe conçue pour optimiser l’utilisation de l’énergie et réduire la dépendance aux infrastructures de recharge externes, explique le constructeur.
Un potentiel attrayant
En outre, les tests réalisés par Nissan en conditions réelles révèlent le potentiel attrayant de ce système :
- Dans des conditions idéales, cet équipement peut ajouter jusqu’à 23 km d’autonomie supplémentaire par jour, sans intervention du conducteur.
- Dans une ville à fort ensoleillement, comme Barcelone en Espagne, ce véhicule peut générer en moyenne 17,6 km de « conduite solaire » quotidiennement.
- Selon l’endroit où l’on se trouve, la moyenne annuelle d’ensoleillement peut donc signifier des gains plus ou moins significatifs comme, par exemple, 10,2 km/jour à Londres, 18,9 km/jour à New Delhi et 21,2 km/jour à Dubaï.
- Du même coup, selon l’usage et l’endroit, le conducteur de cet Ariya pourrait réduire la fréquence des recharges de 35 à 65 %, affirme le constructeur.
Lorsqu’on sait qu’au Québec, un automobiliste moyen parcourt quotidiennement de 40 à 60 kilomètres par jour pour l’aller-retour au travail, la performance de ce prototype a de quoi faire rêver. Après tout, on peut imaginer que la performance des capteurs solaires, mais aussi celles de toute la quincaillerie servant au stockage et à la gestion de l’électricité utilisée par un VÉ, va s’améliorer au fil du temps.
Même si Nissan n’évoque pas une commercialisation prochaine d’une technologie de ce genre, rien ne nous empêche de croire que, dans un futur plus ou moins rapproché, elle servira à bien plus que simplement… ventiler l’habitacle d’un véhicule !
Photos : Nissan
Le texte Nissan présente un prototype d’Ariya alimenté à l’énergie solaire provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
