Les voitures électriques chinoises à moins de 35 000 $ ne seront pas obligatoires au Canada avant 2027

Le Canada permettra l’entrée de milliers de véhicules électriques chinois au cours de la prochaine année, mais sans obligation d’offrir des modèles à bas prix dans l’immédiat. Selon les règlements finaux publiés dans la Gazette du Canada, aucun des véhicules électrifiés importés de Chine dans le cadre du nouveau système de quotas ne devra afficher un prix inférieur à 35 000 $ CA durant la première année d’application de l’accord. Cette règle concerne jusqu’à 49 000 véhicules électrifiés fabriqués en Chine, qui pourront entrer sur le marché canadien au cours des 12 prochains mois.

Un objectif d’accessibilité repoussé à 2027

La mesure visant à introduire des véhicules électriques plus abordables arrivera seulement lors de l’année de quota 2027. À partir de ce moment, 10 % des véhicules importés de Chine devront avoir un prix d’importation inférieur à 35 001 $ CA. Le mécanisme deviendra progressivement plus exigeant. La proportion de véhicules à prix limité augmentera dans les années suivantes pour atteindre la moitié du quota d’importation d’ici 2030. L’objectif du gouvernement fédéral est de réduire progressivement le prix d’entrée des véhicules électriques pour les consommateurs canadiens.

Les années de quota ne correspondent pas à l’année civile. Elles s’étendent de mars à février, en raison du calendrier de mise en œuvre de l’accord commercial entre Ottawa et Pékin.

Un accord commercial qui redéfinit les relations avec la Chine

Le nouveau cadre d’importation découle d’un accord conclu en janvier entre le gouvernement canadien dirigé par Mark Carney et les autorités chinoises. Cette entente vise à normaliser les relations commerciales entre les deux pays après plusieurs années de tensions. Dans ce contexte, Ottawa a accepté de retirer la surtaxe de 100 % imposée en 2024 sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Cette taxe a été remplacée par un système de quotas limitant le volume annuel d’importations. En échange, la Chine a accepté de réduire certains droits de douane sur des produits agricoles canadiens, notamment le canola.

Un volume d’importation appelé à croître

Le plafond initial de 49 000 véhicules reflète le volume annualisé d’importations en provenance de Chine observé juste avant l’imposition des tarifs canadiens en 2024. L’accord prévoit toutefois une croissance graduelle de ce volume. Les importations autorisées devraient augmenter d’environ 6,5 % par année, ce qui représenterait une hausse d’environ 3 200 véhicules supplémentaires par an dans les premières années. Le système ne concerne pas seulement les véhicules électriques à batterie, mais aussi les hybrides et les hybrides rechargeables. Malgré cela, la faible proportion de véhicules à prix plafonné durant les premières années pourrait ralentir l’arrivée de modèles véritablement abordables si les constructeurs privilégient des modèles plus chers et plus rentables.

Un prix final encore incertain pour les consommateurs

Un élément demeure toutefois flou : le prix réel que paieront les acheteurs canadiens. Le système de quotas établi par Ottawa encadre uniquement le prix d’importation des véhicules, et non leur prix de vente au détail. Autrement dit, rien n’empêche un constructeur d’importer un véhicule à un certain coût puis de le vendre plus cher sur le marché canadien.

Les constructeurs chinois et internationaux surveillent le marché canadien

Le gouvernement fédéral a ouvert le processus de demandes de permis d’importation le 1er mars afin d’attribuer la moitié du quota pour la première année. Les constructeurs Tesla, Polestar et Volvo, qui étaient responsables de la majorité des importations de véhicules produits en Chine avant la surtaxe de 2024, devraient figurer parmi les premiers bénéficiaires. Mais plusieurs constructeurs chinois surveillent également la situation. Les groupes BYD, Chery et Geely pourraient commencer à expédier des véhicules vers le Canada d’ici la fin de 2026, même si l’on ignore encore s’ils miseront sur des modèles d’entrée de gamme.

Le prix des VÉ demeure élevé au Canada

Le véhicule électrique le moins cher actuellement vendu au pays demeure le Kia EV4, dont le prix de départ atteint environ 42 185 $ CA incluant les frais de transport. Ce prix demeure nettement inférieur à la moyenne du marché canadien. Selon les données de J.D. Power, le prix moyen d’une voiture électrique au Canada atteignait environ 57 600 $ CA en 2025. La relance du programme fédéral d’incitatifs à l’achat complique également la situation. Contrairement à l’ancien programme, seules les voitures produites au Canada ou dans des pays ayant un accord de libre-échange avec Ottawa sont admissibles aux subventions. Les véhicules assemblés en Chine ne pourront donc pas profiter de ces aides, peu importe leur prix.

Avec des renseignements d’Automotive News Canada

Le texte Les voitures électriques chinoises à moins de 35 000 $ ne seront pas obligatoires au Canada avant 2027 provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

Lire la suite sur Annuelauto.ca

 

Autres articles de Benoit Charette:

BMW i4 M60

Wow! Un coup de cœur comme je n’en ai pas eu dans l’automobile depuis quelques années. Un coup de cœur que je ne partagerai pas avec mon banquier, mais qui va convaincre n’importe qui qui ne croit pas encore à l’électrique que les…

Chery s’en vient, Lucid s’enlise

L'invasion automobile chinoise prend une forme de plus en plus concrète. Un nouveau géant vient frapper directement à notre porte. Chery prépare son arrivée chez nous et vise une implantation au pays avant la fin de l'année 2026. Pendant…

L’usine Ford d’Oakville produira des Super Duty avant la fin de l’année

Après plusieurs mois d’incertitude et un virage électrique qui a finalement dérapé, l’usine de Ford à Oakville, en Ontario, retrouve enfin une mission claire. Le constructeur américain confirme que la production des robustes camionnettes…

Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs