Il fallait quand même s’y attendre, quand une délégation allemande tout entière visite ton pays, il va sans doute y avoir quelques représentants de l’industrie automobile dans le lot. Et la semaine dernière, alors que le chancelier allemand Olaf Scholz est venu serrer la pince à Justin Trudeau et qu’il a beaucoup, beaucoup parlé de gaz naturel et d’hydrogène, eh bien des fonctionnaires canadiens ont rencontré des représentants de Volkswagen et de Mercedes-Benz pour conclure des accords d’approvisionnement qui leur permettront d’avoir accès aux ressources minières canadiennes pour fabriquer les batteries de leurs futurs véhicules électriques.
Là, c’est un cas de verre à moitié plein ou à moitié vide, étant donné que l’entente conclue avec les deux constructeurs allemands ne stipule pas clairement qu’on va créer de la valeur ajoutée au Canada, autre que d’aller creuser dans le sol canadien – et en grande partie québécois – pour récupérer des matières premières qui seront transformées à l’étranger, possiblement en Allemagne, peut-être ailleurs. Les matériaux sur lesquels Volkswagen et Mercedes-Benz ont l’œil sont le cobalt, le graphite, le nickel et le lithium.
Cela dit, quand on demande aux deux groupes quelles sont leurs intentions, on voit qu’il va y avoir quand même une bonne partie de la production de composants pour les batteries qui devra se faire localement. Volkswagen parle de cathodes, entre autres, qui pourraient déjà être assemblées ici. Des matériaux recyclés au Canada, par des sociétés comme la montréalaise Lithion, pourraient aussi faire partie de l’entente.
