Un marché qui tend la main aux véhicules chinois

La crise de l’accessibilité des véhicules neufs pourrait causer des dommages durables à l’industrie automobile nord-américaine, forçant même certains consommateurs frustrés à se tourner vers les véhicules chinois si les constructeurs ne répondent pas à la demande pour des modèles abordables.

Une analyse préoccupante des ventes

L’Industrie automobile fait un retour en arrière de 100 ans en ce moment et revient à l’époque où seulement les gens bien nantis avaient les moyens de faire l’achat d’un véhicule. Des organismes aussi importants que J.D. Power pense que l’industrie automobile a franchi un point de non-retour et qu’il faut voir la réalité actuelle comme le nouveau paradigme. Les voitures abordables vont venir d’ailleurs, et plus précisément de la Chine.

Un marché fondamentalement réduit

Les constructeurs automobiles ont accumulé des profits records au cours de la dernière décennie, augmentant les prix et éliminant les modèles d’entrée de gamme plus abordables, ils ont peut-être irrémédiablement réduit le marché de 1 à 2 millions de véhicules neufs par année chez nos voisins du sud et sont tiré dans le pied par la même occasion en voulant être trop gourmand. Ces ventes perdues se sont probablement redirigées vers des véhicules d’occasion ou d’autres options de transport.

Des pressions économiques et politiques

En ignorant le bas de gamme depuis si longtemps, les constructeurs traditionnels risquent de créer des pressions sociales et politiques qui pourraient un jour ouvrir le marché canadien aux véhicules chinois, nettement plus abordables. Les concessionnaires rapportent que la demande pour les rares véhicules d’entrée de gamme disponibles, tels que le Chevrolet Trax, la Toyota Corolla, la Volkswagen Jetta et le Ford Maverick, dépasse largement l’offre des manufacturiers. Pourtant, même ces véhicules, qui débutent souvent à près de 30 000 $, pourraient être considérablement plus chers que les modèles potentiels des fabricants chinois si ces derniers réussissaient à percer le marché nord-américain. Pendant ce temps, des véhicules plus coûteux demeurent sur les lots des concessionnaires pendant des mois, augmentant les coûts liés à leur financement.

Une patience limitée chez les consommateurs

Bien que nous ne préconisions pas de rechercher le volume à tout prix, il y a une limite à la patience des consommateurs nord-américains face aux lois protectionnistes empêchant l’accès à des véhicules abordables, tels que la BYD Seagull, une voiture électrique vendue à l’étranger pour environ 11 500 $. Si ces véhicules permettent aux consommateurs d’économiser de l’argent, la pression pour ouvrir les frontières pourrait devenir insoutenable.

L’incapacité à concurrencer les prix chinois ?

Les constructeurs traditionnels en Amérique du Nord ne seront peut-être jamais capables de rivaliser avec les prix des concurrents chinois, mais cela ne signifie pas qu’ils ne devraient pas essayer. L’industrie automobile a investi des milliards au cours de la dernière décennie dans la conduite autonome et l’électrification, deux objectifs certes louables, mais très dispendieux. Toutefois, ces investissements risquent d’être vains si le manque de véhicules abordables et la frustration des consommateurs permettent à de nouveaux concurrents chinois de prendre pied dans le marché.

Conclusion

La Chine a déjà fait son nid en Europe et en Australie. Des constructeurs comme BYD vont bientôt s’installer au Mexique pour venir vendre des véhicules chez nous. IL ne faut pas se faire de fausse illusion, la Chine viendra plutôt que tard sur nos routes, ce que fair le Canada et les États-Unis avec la taxe de 100 % ne fait que retarder l’inévitable.

Le texte Un marché qui tend la main aux véhicules chinois provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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