Une industrie en crise… mais des dirigeants bien récompensés

L’année 2025 n’a pas été tendre pour l’industrie automobile américaine. Entre tarifs douaniers, ralentissement des ventes, pertes colossales liées aux véhicules électriques et rappels records, le contexte avait tout d’une tempête parfaite. Pourtant, les grands patrons des « Big Three » — General Motors, Ford et Stellantis — ont vu leur rémunération rester à des niveaux stratosphériques.

Mary Barra en tête du peloton

C’est Mary Barra qui domine le classement avec une rémunération de près de 29,9 millions de dollars en 2025. Une légère hausse par rapport à l’année précédente, malgré un bénéfice net en forte baisse à 2,7 milliards de dollars. Cette contre-performance s’explique notamment par une dépréciation de 7,6 milliards liée aux activités électriques, ainsi que près de 3 milliards en coûts tarifaires.

Jim Farley : hausse salariale malgré les difficultés

Du côté de Ford, Jim Farley a empoché 27,5 millions de dollars, en hausse de 11 %. Un chiffre qui fait sourciller quand on sait que Ford a affiché une perte nette de 8,2 milliards de dollars, notamment après une dépréciation de 19,5 milliards dans sa division électrique. À cela s’ajoutent des problèmes industriels, dont un incendie chez un fournisseur clé, et un record de 153 rappels touchant près de 13 millions de véhicules.

Autre donnée révélatrice : la rémunération de Farley représente environ 295 fois le salaire médian des employés du groupe.

Stellantis : une année noire, mais un CEO bien payé

Chez Stellantis, la situation est encore plus brutale. Le groupe a enregistré une perte nette de 26,3 milliards de dollars en 2025, largement attribuable à une dépréciation massive liée à l’abandon partiel de sa stratégie électrique. Malgré cela, le nouveau PDG Antonio Filosa, en poste depuis juin, a reçu environ 6,3 millions de dollars pour six mois. Une rémunération qui pourrait grimper jusqu’à 23 millions par an d’ici 2028 grâce aux incitatifs. Son prédécesseur, Carlos Tavares, a pour sa part touché environ 14 millions avant son départ.

Les travailleurs laissés pour compte

Pendant que les dirigeants encaissent des millions, les employés syndiqués, notamment ceux représentés par le United Auto Workers, ont vu leurs primes de partage des profits fondre… voire disparaître complètement dans le cas de Stellantis. Chez GM, certaines pertes (notamment liées aux tarifs) ont été exclues du calcul de rentabilité servant à déterminer les बोनस des dirigeants — une décision qui soulève des questions sur la gouvernance.

Une déconnexion grandissante

Ce contraste entre les performances financières et les rémunérations des dirigeants illustre une tendance lourde dans l’industrie : une déconnexion croissante entre la réalité opérationnelle et les incitations des hauts dirigeants. Dans un contexte de transition énergétique coûteuse et de pression accrue sur les marges, cette dynamique risque d’alimenter les tensions sociales et politiques autour du secteur automobile.

Conclusion

L’année 2025 confirme que, même en période de turbulence, les PDG des grands groupes automobiles restent largement protégés financièrement. Reste à voir si ce modèle sera soutenable à long terme, alors que l’industrie doit absorber des transformations majeures — électrification, concurrence chinoise, et nouvelles contraintes réglementaires.

Avec des renseignements de Jalopnik

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