Pourquoi les véhicules électriques coûtent-ils plus cher à assurer?
Depuis leur arrivée sur le marché, les véhicules électriques sont présentés comme une solution permettant de réduire les coûts d’utilisation. Les propriétaires profitent de frais d’énergie plus faibles, d’un entretien mécanique limité et, dans certaines régions, d’incitatifs gouvernementaux ou d’avantages liés au stationnement et à l’accès à certaines zones urbaines. Cependant, un poste de dépense continue de surprendre de nombreux acheteurs : l’assurance automobile.
Malgré la démocratisation des véhicules électriques au cours des dernières années, les primes d’assurance demeurent généralement plus élevées que celles des véhicules à essence ou diesel comparables. Selon plusieurs études du secteur, assurer un véhicule électrique peut coûter jusqu’à 50 % plus cher que l’assurance d’un véhicule à moteur thermique équivalent.
Pourquoi les assureurs facturent-ils davantage?
La principale explication réside dans le coût des réparations. Contrairement à un véhicule à essence qui nécessite des entretiens réguliers comme les changements d’huile, un véhicule électrique demande peu de maintenance courante. En revanche, lorsqu’une réparation majeure est nécessaire, la facture peut rapidement grimper. Les composantes du groupe motopropulseur électrique, les systèmes électroniques de gestion et surtout la batterie haute tension représentent des éléments coûteux à remplacer ou à réparer. Dans certains cas, un simple impact au soubassement peut entraîner des inspections complexes de la batterie. Si celle-ci est endommagée, les coûts peuvent atteindre plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de dollars. Pour les assureurs, chaque réclamation potentielle représente donc un risque financier plus important.
Un réseau de réparation encore limité
Les véhicules électriques nécessitent également une expertise spécialisée. Tous les ateliers ne possèdent pas les équipements ou les certifications nécessaires pour intervenir sur des systèmes à haute tension. Les compagnies d’assurance doivent souvent faire appel aux concessionnaires ou à des centres de réparation spécialisés. Cette main-d’œuvre qualifiée est plus rare et généralement plus coûteuse que celle requise pour les véhicules conventionnels. Résultat : les frais de réparation augmentent et les assureurs répercutent naturellement cette réalité sur les primes des consommateurs.
Les batteries demeurent une source d’inquiétude
Même si les incendies impliquant des véhicules électriques restent relativement rares, ils continuent de préoccuper les compagnies d’assurance. Lorsqu’un incendie de batterie survient, il peut être particulièrement difficile à maîtriser. Les cellules lithium-ion peuvent maintenir une réaction thermique pendant plusieurs heures et nécessiter d’importantes quantités d’eau pour être refroidies. Dans plusieurs cas, un véhicule électrique ayant subi un incendie est considéré comme une perte totale. Du point de vue d’un assureur, ce risque potentiel augmente la valeur des indemnisations possibles et influence directement le calcul des primes.
Les prix finiront-ils par diminuer?
La situation pourrait évoluer au cours des prochaines années. L’augmentation du nombre de véhicules électriques sur les routes permet aux assureurs de mieux comprendre les risques réels associés à ces modèles. Parallèlement, les constructeurs développent des batteries plus robustes et plus faciles à réparer. Plusieurs fabricants travaillent également à réduire les coûts des pièces et à simplifier les procédures d’entretien après collision. L’arrivée de nouvelles chimies de batteries, comme les technologies LFP ou LMR en développement chez plusieurs constructeurs, pourrait également contribuer à réduire les coûts de remplacement à long terme.
Quels sont les véhicules électriques les moins coûteux à assurer?
Les modèles les plus abordables à assurer sont généralement ceux dont la valeur d’achat est modérée et dont les coûts de réparation sont mieux maîtrisés. Au Canada, les véhicules électriques compacts comme la Chevrolet Bolt, la Nissan Leaf ou le Hyundai Kona électrique obtiennent souvent des primes plus avantageuses que les modèles haut de gamme ou très performants. À l’inverse, certains véhicules de luxe comme la Tesla Model 3 Performance, la Tesla Model Y Performance ou les modèles électriques allemands affichent souvent des coûts d’assurance plus élevés en raison de leur valeur, de leurs performances et du prix des pièces.
Un calcul à faire avant l’achat
Même si un véhicule électrique permet de réaliser des économies substantielles en carburant et en entretien, les acheteurs doivent intégrer les frais d’assurance dans leur calcul du coût total de possession. Dans plusieurs cas, les économies réalisées à la recharge compensent largement les primes plus élevées. Toutefois, chaque situation demeure unique et il est fortement recommandé d’obtenir plusieurs soumissions d’assurance avant de signer un contrat d’achat. L’assurance demeure aujourd’hui l’un des rares domaines où les véhicules électriques continuent d’afficher un désavantage financier par rapport à leurs équivalents à essence. Cependant, à mesure que la technologie se démocratise et que les réseaux de réparation se développent, cet écart pourrait progressivement se réduire.
Avec des renseignements du bureau d’assurance du Canada
Le texte Pourquoi les véhicules électriques coûtent-ils plus cher à assurer? provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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