La radio AM pourrait devenir obligatoire dans tous les véhicules neufs aux États-Unis

Alors que l’industrie automobile multiplie les écrans tactiles, les services connectés et les systèmes d’infodivertissement sophistiqués, une technologie centenaire pourrait bientôt obtenir une protection législative aux États-Unis. Un projet de loi actuellement étudié à Washington vise à rendre obligatoire l’intégration de la radio AM dans tous les véhicules neufs vendus sur le marché américain. Baptisée AM Radio for Every Vehicle Act, cette mesure est incluse dans un ensemble législatif plus vaste intitulé Motor Vehicle Modernization Act of 2026. Elle pourrait également être intégrée au projet de loi Build America 250 Act, un vaste programme touchant les infrastructures, la sécurité routière et le financement des transports.

Un soutien politique bipartisan

Le projet bénéficie d’un appui rare réunissant démocrates et républicains. Le comité des transports et des infrastructures de la Chambre des représentants a déjà fait avancer le texte par un vote massif de 62 contre 2.

Même si le projet demeure à ses premières étapes législatives, ses chances d’adoption semblent plus élevées que lors des tentatives précédentes. Les élus souhaitent notamment conclure le dossier avant le 30 septembre, date à laquelle plusieurs programmes fédéraux de financement des infrastructures arrivent à échéance.

Pourquoi vouloir sauver la radio AM?

Pour plusieurs élus et organismes de sécurité publique, la radio AM demeure un outil essentiel lors de situations d’urgence. Leur argument est simple : la pertinence d’un outil ne se mesure pas uniquement à sa fréquence d’utilisation, mais également à son efficacité lorsque toutes les autres solutions échouent. Les partisans du projet soulignent que lors de catastrophes naturelles, de pannes majeures du réseau cellulaire ou d’événements perturbant les infrastructures de communication, les stations AM demeurent souvent l’un des derniers moyens de diffusion de l’information au grand public. Dans leur esprit, la question n’est pas de savoir combien de personnes utilisent encore la radio AM quotidiennement, mais plutôt ce qui se produira si les réseaux numériques deviennent inaccessibles.

Les constructeurs automobiles restent opposés

Cette proposition n’est pas nouvelle. Une loi portant exactement le même nom avait déjà été déposée en 2023. Elle s’était toutefois heurtée à une forte opposition de l’industrie automobile. L’Alliance for Automotive Innovation, qui représente notamment Ford Motor Company, Volkswagen et Toyota Motor Corporation, avait alors affirmé que les groupes motopropulseurs électriques à haute tension génèrent des interférences importantes avec les signaux AM. Cette réalité technique oblige les fabricants à investir davantage dans le blindage électronique et dans des systèmes de réception plus sophistiqués afin d’assurer une qualité sonore acceptable.

Une question de coûts

Au-delà des considérations techniques, le principal point de friction demeure le coût. Selon les estimations citées par les représentants de l’industrie, chaque récepteur AM pourrait ajouter jusqu’à 70 $ US au coût de fabrication d’un véhicule. À l’échelle de l’industrie américaine, cela représenterait près de 3,8 milliards de dollars américains en dépenses additionnelles d’ici 2030. À une époque où les constructeurs cherchent à réduire les coûts de production tout en investissant massivement dans l’électrification et les technologies de conduite avancée, plusieurs considèrent cette obligation comme un retour en arrière.

Une décision qui pourrait influencer toute l’industrie

Si le projet de loi est adopté, les constructeurs n’auraient plus le choix d’offrir ou non la radio AM. Tous les véhicules neufs devraient en être équipés, peu importe leur niveau de technologie ou leur motorisation. Cette décision pourrait également avoir des répercussions au-delà des frontières américaines. Comme plusieurs véhicules vendus au Canada partagent les mêmes plateformes et équipements que leurs homologues américains, les consommateurs canadiens pourraient indirectement bénéficier du maintien de la radio AM dans les années à venir.

Entre modernité et résilience

Le débat autour de la radio AM illustre parfaitement l’opposition entre innovation technologique et résilience des infrastructures. D’un côté, les constructeurs privilégient les plateformes numériques modernes. De l’autre, les autorités publiques rappellent qu’en situation de crise, les technologies les plus simples sont parfois les plus fiables. La balle est maintenant dans le camp du Congrès américain, qui devra décider si une technologie vieille de plus d’un siècle mérite encore une place de choix dans les véhicules de demain.

Avec des renseignements de The Drive

Le texte La radio AM pourrait devenir obligatoire dans tous les véhicules neufs aux États-Unis provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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