Ferrari dévoile sa première voiture électrique
Ferrari vient officiellement d’entrer dans l’ère électrique avec la présentation de la Luce, un modèle aussi audacieux que controversé. Cette grande berline fastback à cinq places abandonne pratiquement tous les repères stylistiques habituels de la marque italienne pour adopter une silhouette futuriste et minimaliste. Et disons-le franchement : si l’on cachait les logos Ferrari, plusieurs auraient du mal à reconnaître une voiture issue de Maranello. Pas de long capot agressif, pas d’entrées d’air théâtrales, pas de lignes organiques inspirées de la compétition. La Luce joue plutôt la carte du design technologique épuré, presque expérimental.
Le design signé Jony Ive surprend
Le style de la Luce a été confié au collectif LoveFrom, fondé par Jony Ive et le designer industriel Marc Newson. Oui, le père de l’iPhone vient de redessiner Ferrari à sa façon. Le résultat est radical. La voiture présente une immense surface vitrée sombre qui s’étire de l’avant jusqu’à l’arrière, tandis que la carrosserie d’aluminium semble flotter autour de cette cellule centrale. Les éléments aérodynamiques sont intégrés subtilement dans la silhouette, donnant presque l’impression que la voiture a été sculptée dans un seul bloc. Même les célèbres feux arrière ronds de Ferrari ont été réinventés. Ils demeurent invisibles lorsque le véhicule est stationné et apparaissent uniquement lorsque la voiture est en fonction grâce à une technologie OLED intégrée dans une bande noire minimaliste.
Une Ferrari… à cinq places
La grande surprise du dévoilement concerne toutefois l’habitacle. La Luce devient la première Ferrari à offrir cinq véritables places. Grâce à l’architecture électrique, les ingénieurs ont éliminé la boîte transaxle habituellement installée sous les sièges arrière des modèles thermiques à quatre places. Résultat : un siège central arrière devient enfin possible. Les portes arrière à ouverture antagoniste ajoutent également une touche spectaculaire, même si Ferrari conserve un pilier central fixe afin de préserver la rigidité structurelle.
1 050 chevaux
Sous sa carrosserie futuriste, la Luce conserve néanmoins l’ADN des performances Ferrari. Ses quatre moteurs électriques indépendants — un par roue — développent une puissance combinée de 1 050 chevaux et un couple de 990 Nm. Le 0 à 100 km/h est expédié en seulement 2,5 secondes tandis que la vitesse maximale atteint 310 km/h.
Fiche technique Ferrari Luce
- Puissance : 1 050 chevaux
- Couple : 730 lb-pi
- 0-100 km/h : 2,5 secondes
- Vitesse maximale : 310 km/h
- Autonomie estimée : 530 km
- Batterie : 122 kWh
- Architecture : 800 volts
- Recharge maximale : 350 kW
- Poids : 2 260 kg
Même si le poids dépasse largement les standards habituels d’une Ferrari, l’utilisation de quatre moteurs indépendants permet une gestion ultra-précise du couple et du comportement dynamique.
La Ferrari la plus confortable jamais construite
Selon le directeur du développement produit, Gianmaria Fulgenzi, la Luce serait carrément « la Ferrari la plus confortable de l’histoire ». Le système appelé « active corners » permet à chaque roue de gérer indépendamment la puissance, la direction et l’amortissement. Ferrari promet ainsi une voiture capable de combiner confort de grande routière et comportement ultra-précis. En théorie, le système réduit fortement le sous-virage et le survirage grâce à une vectorisation de couple extrêmement sophistiquée.
Ferrari prend le pari électrique avant Lamborghini
Alors que plusieurs constructeurs exotiques ralentissent leurs projets électriques, Ferrari choisit au contraire d’accélérer. Lamborghini a récemment repoussé l’arrivée de son premier modèle électrique, invoquant les incertitudes du marché. Ferrari prend la direction opposée et veut clairement se positionner comme leader technologique. Le président exécutif John Elkann affirme que la décision de lancer la Luce représente une volonté assumée « de mener la prochaine étape ». Le choix de Rome pour le dévoilement n’était d’ailleurs pas anodin. Ferrari célébrait exactement le 79e anniversaire de sa première victoire en compétition, obtenue le 25 mai 1947 avec la 125 S.
Une Ferrari électrique à près d’un million de dollars canadiens
Le prix de départ annoncé est de 550 000 euros, soit environ 840 000 $ CA avant options. Mais Ferrari s’attend déjà à ce que la majorité des clients dépasse facilement le cap du million de dollars canadiens avec les options. Comme toujours chez Ferrari, le configurateur risque d’être aussi dangereux pour le portefeuille que l’accélérateur pour le permis de conduire. Les premières livraisons débuteront au quatrième trimestre et la production sera assurée dans la nouvelle usine e-building de Ferrari à Maranello.
Conclusion
La Luce représente probablement le virage le plus audacieux de l’histoire moderne de Ferrari. Plus qu’une simple Ferrari électrique, il s’agit d’une redéfinition complète de ce qu’une Ferrari peut devenir. Les puristes risquent de grincer des dents devant son design presque clinique et son silence électrique. Mais sur le plan technologique, Ferrari frappe très fort avec une fiche technique impressionnante et une approche beaucoup plus radicale que ses rivaux. Une chose est certaine : la Luce ne laisse personne indifférent. Et chez Ferrari, provoquer les émotions a toujours fait partie de la recette.
Le texte Ferrari dévoile sa première voiture électrique provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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