La guerre en Iran coûtera 4,3 milliards US $ à Toyota

Le plus grand constructeur automobile au monde vient de lancer un sérieux avertissement à l’industrie. Toyota Motor Corporation prévoit que les conséquences économiques de la guerre en Iran lui coûteront environ 4,3 milliards de dollars américains durant l’exercice financier en cours. L’annonce survient alors que Toyota dévoile une chute de près de 50 % de son bénéfice trimestriel, malgré une demande toujours très forte pour ses véhicules hybrides.

Les coûts explosent partout dans la chaîne de production

Toyota explique que la majeure partie de l’impact financier — environ 670 milliards de yens — provient directement de la hausse des coûts des matériaux et de l’énergie. Le responsable comptable du groupe, Takanori Azuma, affirme que le conflit affecte pratiquement tous les aspects de la fabrication automobile. Les coûts du carburant, du transport maritime, de la logistique ainsi que plusieurs matières premières utilisées dans les usines explosent depuis le début des tensions géopolitiques. Même la peinture automobile et certains composants chimiques coûtent désormais beaucoup plus cher à produire. À cela s’ajoutent des retards de livraison et une baisse des ventes dans certaines régions stratégiques comme le Moyen-Orient.

Les hybrides sauvent partiellement les meubles

Ironiquement, la flambée des prix de l’énergie pousse davantage de consommateurs vers les véhicules hybrides, un domaine où Toyota domine toujours largement le marché mondial. Le constructeur prévoit dépasser le cap des cinq millions d’hybrides vendus cette année, une première dans son histoire. Mais cette forte demande ne suffit pas à absorber la hausse massive des dépenses d’exploitation. Toyota demeure particulièrement vulnérable puisque l’entreprise japonaise continue d’aider financièrement plusieurs de ses fournisseurs afin d’absorber une partie des hausses de coûts dans sa chaîne d’approvisionnement.

Des profits en forte baisse

Pour le trimestre se terminant le 31 mars, Toyota a enregistré un bénéfice opérationnel de 569,4 milliards de yens comparativement à 1,1 billion de yens l’an dernier. Il s’agit de son plus faible résultat trimestriel depuis plus de trois ans. Pour l’année financière qui débute, Toyota prévoit un bénéfice opérationnel d’environ 3 billions de yens, bien en dessous des attentes des analystes qui tablaient plutôt sur 4,59 billions. Les investisseurs ont rapidement réagi et le titre de Toyota a perdu environ 2,2 % à la Bourse, atteignant son plus bas niveau depuis octobre dernier.

Le nouveau patron serre les boulons

Ces résultats marquent également les premiers mois de Kenta Kon à la tête de Toyota. Ancien directeur financier et proche collaborateur du président du conseil Akio Toyoda, Kon possède une réputation de gestionnaire extrêmement rigoureux sur les coûts. Le nouveau PDG affirme vouloir éliminer le gaspillage « un élément à la fois » tout en maintenant la rentabilité du groupe malgré les turbulences mondiales. Mais la tâche s’annonce particulièrement complexe. Toyota doit déjà composer avec les tarifs douaniers imposés par l’administration du président Donald Trump, lesquels auraient coûté environ 1,4 billion de yens au constructeur au cours du dernier exercice financier.

Toute l’industrie automobile est sous pression

Toyota n’est pas seule à souffrir. L’ensemble de l’industrie automobile mondiale encaisse présentement une triple pression : hausse des coûts énergétiques, guerre commerciale et montée en puissance des constructeurs chinois. Cette semaine, Oliver Blume, le patron de Volkswagen, indiquait lui aussi que les tarifs douaniers représentent désormais un fardeau annuel d’environ 5 milliards d’euros pour le constructeur allemand. Toyota a également confirmé récemment que ses ventes au Moyen-Orient avaient fortement reculé en mars en raison des perturbations dans les expéditions vers la région. Le contexte démontre une fois de plus que même les géants automobiles les plus solides deviennent vulnérables lorsque les conflits géopolitiques frappent directement les coûts énergétiques et les chaînes logistiques mondiales.

Avec des renseignements de Reuters.

Le texte La guerre en Iran coûtera 4,3 milliards US $ à Toyota provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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