BYD Dolphin Mini
L’industrie automobile chinoise observe notre marché nord-américain avec beaucoup d’attention. La petite BYD Dolphin Mini fait un véritable tabac au Mexique en ce moment. Ce véhicule électrique de format urbain suscite la curiosité des observateurs au Québec (on l’a su au Salon de l’auto de Montréal, d’ailleurs). Imaginons une seule seconde son arrivée sur les routes du Québec.
Sous sa petite carrosserie au style moderne et angulaire, la Dolphin Mini cache une mécanique extrêmement modeste. Avec un petit moteur de 75 chevaux et un couple de 100 livres-pieds, elle se destine à la ville et à la banlieue. C’est plutôt bien, vu que 40% de la population du Québec demeure en ville, et qu’un autre 40% reste en banlieue.
Dans la circulation dense de Mexico, on la croise très souvent. Elle se faufile avec une très belle agilité. La direction se révèle légère comme une plume et la visibilité est excellente sous tous les angles. Ça se gâte un peu à haute vitesse, une fois sur l’autoroute. L’accélération n’est pas celle d’une Tesla. Les manœuvres de dépassement n’ont rien de spectaculaire et demandent une certaine planification.
Le petit bloc électrique plafonne vite quand on appuie à fond sur l’accélérateur. Sa suspension est plutôt ferme, et son débattement est court, ça secoue les passagers quand on affronte un dos d’âne. On imagine mal sa réaction aux chaussées abîmées du Québec. Disons que le comportement général manque de raffinement. Mais on a dit la même chose d’une Kia Rio et ça n’a pas empêché Kia d’en vendre des masses.
L’habitacle offre un espace généreux pour quatre adultes. Les ingénieurs ont maximisé chaque centimètre carré disponible à l’intérieur. Le tableau de bord intègre un affichage multimédia de très belle résolution. L’équipement de série impressionne pour la somme exigée à l’achat.
De façon générale, la BYD Dolphin Mini est conçue pour des climats tempérés. Son arrivée potentielle au Canada forcerait les acheteurs à accepter une absence totale d’isolation et des capacités routières très limitées. Un achat logique pour la saison chaude, mais un véritable cauchemar pour affronter notre rude hiver canadien.
Transposons cette petite citadine dans notre réalité hivernale québécoise. C’est exactement ici que le bât blesse. Les concepteurs ont évité l’insonorisation et l’isolation thermique de la cabine pour réduire les coûts de production à leur absolu minimum. Les bruits de vent et de roulement envahissent la cabine dès qu’on atteint 70 km/h. Imaginez ce scénario par un vilain matin glacial de février avec un mercure de -20 degrés Celsius.
Sans aucune isolation dans les minces portières et sous le plancher de métal, la petite pellicule d’air chaud se dissipera en quelques secondes à peine. La conduite deviendrait une expérience givrée, voire glaciale. Le système de chauffage sollicitera la petite batterie de 38 kWh à fond. Cette surconsommation d’énergie risque de réduire son autonomie de 300 kilomètres environ à quelque chose comme 180 ou 200 km.
C’est suffisant pour une journée normale, mais c’est un défaut qui va inquiéter certains acheteurs, sans doute.
Parlons de la facture monétaire. Au Mexique, cette BYD s’écoule au prix tout à fait dérisoire de 27 000 $. Au Canada, il faut calculer les frais d’importation et y ajouter la fameuse taxe de 6,1 % sur les véhicules électriques d’origine chinoise. Si on extrapole toutes ces données avec une certaine précision, le prix de vente au détail pourrait se situer entre 25 000 et 30 000 dollars, dans le meilleur des cas, et sous les 35 000 dollars dans le pire des cas.
Peu importe, elle deviendrait la voiture électrique neuve la moins chère du pays, et de très loin. Elle coûterait aussi beaucoup moins cher que la plupart des voitures à essence vendues sur le marché de l’occasion.
Si le passé est garant de l’avenir, on soupçonne que le Québec accueillierait la Dolphin Mini les bras grands ouverts… et avev un foulard et une tuque. Au cas où.
Le texte BYD Dolphin Mini provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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