Ottawa veut votre opinion sur les phares trop éblouissants
Sur les routes sombres du Canada, là où la vigilance est déjà mise à rude épreuve par la fatigue et les conditions climatiques, un nouvel irritant s’impose : la lumière des autres. Trop blanche, trop vive, trop mal dirigée. Une réalité que bien des conducteurs vivent sans toujours pouvoir la nommer, mais qui, aujourd’hui, attire enfin l’attention des autorités. C’est dans ce contexte que Transport Canada lance une vaste consultation nationale. L’objectif est simple : comprendre, documenter et, éventuellement, corriger un phénomène qui dépasse désormais la simple irritation pour devenir un enjeu de sécurité routière.
Ottawa demande l’avis des conducteurs
Depuis le 6 mars 2026, tous les Canadiens sont invités à partager leur expérience concernant l’éblouissement des phares. La consultation, ouverte jusqu’au 20 avril, se déroule via un questionnaire en ligne et par courriel. Le gouvernement souhaite aller au-delà des impressions générales. Il cherche à cerner précisément l’expérience de conduite de nuit, les causes perçues de l’éblouissement, le comportement des conducteurs et les solutions envisageables. Une approche méthodique, mais révélatrice d’un problème qui a pris de l’ampleur.
Quand les DEL deviennent un irritant
L’arrivée massive des phares à DEL (LED) a profondément transformé l’éclairage automobile. Plus efficaces, plus durables, mais aussi plus agressifs pour les yeux des autres usagers. Le débat ne date pas d’hier, mais il a récemment franchi un cap politique. À Vancouver, le conseiller municipal Sean Orr a déposé une motion demandant au gouvernement fédéral d’agir. Selon lui, de nombreux conducteurs trouvent les feux de croisement modernes distrayants et excessivement intenses. La motion a été adoptée à l’unanimité, preuve que le ras-le-bol est généralisé.
Un problème plus complexe qu’il n’y paraît
Contrairement à la perception populaire, le problème ne se limite pas à des phares « trop puissants ». Les experts parlent plutôt d’un décalage entre la technologie et la réglementation. En Amérique du Nord, les normes mettent encore l’accent sur la capacité du conducteur à bien voir avec ses propres phares, plutôt que sur l’impact de ceux-ci sur les autres. Résultat : des systèmes très performants… mais parfois aveuglants. Plusieurs facteurs aggravants sont identifiés comme des faisceaux lumineux plus larges, une température de couleur plus froide (tirant vers le bleu), des sources lumineuses plus petites mais plus intenses, un mauvais alignement des phares ewt la hauteur accrue des VUS et camionnettes. Ajoutez à cela des éléments externes comme l’asphalte mouillé, le vieillissement de la vision ou des lentilles ternies, et vous obtenez une tempête parfaite.
Une première étape vers un encadrement
Pour l’instant, Transport Canada ne propose aucun changement réglementaire immédiat. Mais cette consultation marque une étape clé : le passage d’un irritant anecdotique à un véritable dossier de politique publique. En clair, Ottawa prend le problème au sérieux — et cherche à bâtir une base de données solide avant d’intervenir.
Conclusion
Sur le plan technique, l’industrie est à un carrefour. Les technologies d’éclairage adaptatif (matrix LED, faisceaux intelligents) existent déjà et permettent de réduire drastiquement l’éblouissement… mais elles sont encore limitées par la réglementation nord-américaine. Si cette consultation débouche sur une modernisation des normes, on pourrait assister à une évolution rapide vers des systèmes plus intelligents et moins agressifs. À court terme, cependant, le problème risque de persister, surtout avec la popularité croissante des VUS.
Avec des renseignements du gouvernement du Canada
Le texte Ottawa veut votre opinion sur les phares trop éblouissants provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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