Trois constructeurs chinois de VÉS préparent leur entrée sur le marché canadien
Le marché canadien des véhicules électriques pourrait bientôt accueillir une nouvelle vague de constructeurs venus de Chine. Selon plusieurs rapports de l’industrie, BYD, Chery et Geely travaillent activement à préparer leur arrivée au Canada, profitant d’un nouveau cadre tarifaire récemment mis en place par Ottawa. Cette ouverture pourrait transformer la dynamique du marché, notamment dans le segment des VÉ abordables, un créneau encore relativement limité au pays.
Ottawa ouvre la porte aux VÉ chinois
Le gouvernement canadien a lancé un processus permettant l’importation de véhicules électriques fabriqués en Chine à un tarif réduit. Dans un premier temps, les importations seront plafonnées à 49 000 véhicules par année, avec une augmentation progressive pouvant atteindre 70 000 unités d’ici 2030. Cette mesure fait suite à une décision annoncée en janvier 2026 par le premier ministre Mark Carney, qui a confirmé le retour du tarif de 6,1 % sur les véhicules chinois à partir de mars 2026. Ce changement intervient après une période où le Canada avait aligné sa politique commerciale sur celle des États-Unis, imposant en 2024 un tarif de 100 % sur les véhicules électriques chinois afin de protéger l’industrie nord-américaine. La réduction tarifaire s’inscrit dans un accord plus large entre Ottawa et Pékin, dans lequel la Chine a accepté de réduire ses droits de douane sur certains produits agricoles canadiens.
Un système de quotas et de permis
Pour gérer l’arrivée des véhicules chinois, Ottawa met en place un système de permis d’importation. 24 500 permis seront d’abord attribués entre maintenant et le 1er août 2026. Une seconde ronde d’attribution aura lieu entre septembre 2026 et février 2027. Chaque véhicule devra obtenir un permis spécifique délivré par Affaires mondiales Canada. En plus de cette autorisation, les modèles importés devront respecter plusieurs normes canadiennes, notamment celles prévues par la Loi sur la sécurité automobile, le Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles, la Loi sur la protection des végétaux et le Règlement sur la sécurité des pneus de véhicules automobiles.
BYD, Chery et Geely en première ligne
Selon Automotive News, trois groupes automobiles chinois sont déjà en train de préparer leur implantation BYD, Chery et Geely. Ces constructeurs travaillent notamment sur la certification de leurs véhicules et la création d’un réseau de concessionnaires au Canada.
BYD déjà présent… indirectement
Même si BYD n’a pas encore de réseau de vente pour les particuliers au Canada, le constructeur possède déjà une certaine présence. L’entreprise exploite notamment une usine d’autobus électriques au nord de Toronto, tandis qu’un importateur à Montréal utilise des voitures BYD comme taxis électriques.
Geely pourrait utiliser son réseau existant
De son côté, Geely pourrait profiter de l’infrastructure déjà en place grâce à ses marques Volvo et Polestar, bien qu’il soit peu probable que ces concessionnaires partagent leurs salles de montre avec des modèles plus abordables provenant d’autres divisions du groupe. Le constructeur chinois possède également Lotus, une marque qu’il envisage d’utiliser pour pénétrer rapidement le marché canadien.
Lotus pourrait être le premier à entrer
Selon le média spécialisé CarNewsChina, Lotus pourrait devenir la première marque chinoise à profiter du nouveau régime tarifaire canadien. Le PDG de l’entreprise, Feng Qingfeng, a indiqué que la marque voyait une opportunité stratégique dans le marché canadien, notamment après avoir suspendu certaines expéditions vers le Moyen-Orient en raison du conflit dans la région. Lotus dispose déjà de six concessionnaires au Canada — deux au Québec, deux en Ontario, un à Calgary et un à Vancouver — et prévoit porter ce nombre à douze d’ici la fin de l’année. Ces concessionnaires vendent actuellement des modèles à essence produits au Royaume-Uni, mais Geely fabrique désormais des Lotus électriques en Chine, qui pourraient être exportés vers le Canada dès que les règles tarifaires seront clarifiées.
Des VÉ abordables exigés par la politique canadienne
La stratégie canadienne vise aussi à favoriser l’accessibilité financière. Lorsque le quota atteindra 70 000 véhicules par an d’ici 2030, au moins la moitié des véhicules importés devra afficher un prix d’importation inférieur à 35 000 $. Parmi les marques chinoises envisagées pour ce segment, Chery travaille déjà à protéger plusieurs noms de modèles au Canada. L’un d’eux, iCar (exporté sous le nom iCaur), serait positionné comme une marque d’entrée de gamme.
Un marché en pleine mutation
L’arrivée potentielle de constructeurs chinois pourrait modifier sensiblement le paysage des véhicules électriques au Canada. Des marques comme BYD ou Geely disposent d’une forte avance dans la production de batteries et de véhicules électriques à bas coût. Leur présence pourrait donc accentuer la pression sur les constructeurs traditionnels, surtout dans les segments les plus abordables. Reste à voir comment l’industrie nord-américaine et les consommateurs réagiront à cette nouvelle concurrence.
Avec des renseignements de Driving.ca
Le texte Trois constructeurs chinois de VÉS préparent leur entrée sur le marché canadien provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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