Toyota, Stellantis et GM : Trump est en train de gagner son pari

Si la santé de l’industrie automobile canadienne vous tient à cœur, vous vous levez probablement de bien mauvaise humeur tous les jours, en ce moment, parce qu’on dirait qu’il ne se passe pas une journée sans qu’un constructeur annonce la fermeture ou le déménagement hors du Canada d’une usine ou d’une ligne de montage.

La plus récente mauvaise nouvelle, elle est double ou même triple, est l’abandon de l’assemblage par General Motors Canada des fourgons commerciaux et électriques BrightDrop qui se faisait jusqu’ici dans son usine d’Ingersoll, en Ontario. Contrairement à l’annonce de Stellantis une semaine plus tôt, GM dit qu’elle ne déplacera pas la production de son véhicule aux États-Unis ou ailleurs. C’est carrément la fin pour ce véhicule-là, qui selon le constructeur ne se vendrait juste pas assez bien.

Évidemment, ça fait réagir les syndicats et les élus canadiens et ontariens, et c’est bien normal. Les experts commencent à s’inquiéter de la survie même de l’usine de GM à Ingersoll, qui a vu le jour en réaction à l’arrivée au pays de véhicules japonais quelque part vers la fin des années 1980.

On peut faire le parallèle sur la pertinence de laisser entrer au pays des constructeurs chinois, ce qui pourrait agir comme un électrochoc sur les constructeur américains présents chez nous, et qui pourrait aussi générer de l’emploi si on peut leur imposer de faire ici une partie de la fabrication de leurs produits.

Du côté de GM Canada, ce sont 1200 travailleurs qui sont ainsi mis à pied. GM dit que c’est une mesure temporaire, mais on n’a aucune idée ce qui s’en vient de nouveau et qui pourrait être construit chez nous au cours des prochaines années.

Et clairement, le pari de Trump par rapport au Canada commence à avoir l’air un peu moins fou. Son objectif tel qu’il le répète sur les réseaux sociaux, on le sait, c’est de faire assez mal économiquement au Canada pour qu’il considère de carrément abdiquer et de devenir un 51e État des États-Unis.

On ne voit pas ça se produire, pour plein de bonnes raisons. Mais l’industrie automobile canadienne est en train de payer cher le prix de sa très grande intégration avec sa contrepartie américaine.

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