Stellantis relance le diesel en Europe
Dans un virage stratégique discret mais significatif, le groupe automobile Stellantis réintroduit des versions diesel d’au moins sept modèles en Europe. Cette décision survient alors que les ventes de véhicules électriques n’atteignent pas les attentes et que plusieurs marchés occidentaux assouplissent leurs objectifs d’émissions. Propriétaire notamment de Fiat, Jeep et Peugeot, le quatrième constructeur mondial a amorcé ce repositionnement à la fin de 2025, selon une analyse de sites de concessionnaires et des déclarations transmises à Reuters.
Un changement stratégique dicté par la réalité du marché
Le constructeur affirme vouloir maintenir — et parfois élargir — son offre de motorisations diesel afin de répondre à la demande des clients et soutenir sa croissance. Ce rééquilibrage intervient dans un contexte où l’Europe semble prolonger la durée de vie des moteurs à combustion. Aux États-Unis, principal marché du groupe, l’administration du président Donald Trump a également pris ses distances avec certaines politiques favorisant l’électrification, contribuant à un climat plus favorable aux motorisations traditionnelles.
Le diesel comme avantage concurrentiel face aux marques chinoises
En 2015, les véhicules diesel représentaient environ la moitié des ventes de voitures neuves en Europe. Mais depuis le scandale « Dieselgate », leur popularité a fortement chuté. Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles, ils ne comptaient plus que pour 7,7 % des ventes en 2025, contre 19,5 % pour les modèles entièrement électriques. Paradoxalement, ce segment demeure peu exploité par les nouveaux concurrents chinois spécialisés dans les VÉ. Moins coûteux que les électriques, les diesels pourraient donc offrir un levier stratégique à un moment où les constructeurs cherchent à préserver leurs marges.
Plusieurs modèles remis au goût du jour
Parmi les véhicules concernés figurent notamment :
- la Peugeot 308
- la DS No. 4
- l’Opel Astra
- le fourgon Opel Combo
- le VUS à sept places Peugeot Rifter
- le Citroën Berlingo
Le groupe poursuivra aussi la production de modèles diesel existants comme le VUS DS 7 ainsi que les Alfa Romeo Tonale, Alfa Romeo Stelvio et la berline Alfa Romeo Giulia — une réponse directe à une demande jugée persistante.
Des ambitions électriques revues à la baisse
Stellantis a récemment annoncé plus de 22 milliards d’euros en charges liées à la réduction de ses ambitions électriques, un signal clair que la transition prendra plus de temps que prévu. Le constructeur visait auparavant une gamme 100 % électrique en Europe d’ici 2030 et 50 % de ses ventes américaines. Or, la demande s’est révélée inférieure aux projections. Dans cette logique, le groupe a déjà ramené certains modèles à essence populaires et ajouté une variante hybride à la Fiat 500 aux côtés de sa version électrique.
« À contre-courant » de l’industrie
Les données de la plateforme CarGurus montrent que le nombre de modèles diesel offerts au Royaume-Uni est passé de 167 en 2020 à seulement 57 en 2025. Pour certains analystes, Stellantis adopte donc une stratégie à contre-courant. Le diesel reste pertinent pour les automobilistes qui parcourent de longues distances ou qui doivent remorquer — deux usages où l’électrique n’est pas toujours optimal.
Conclusion
Davantage qu’un retour nostalgique, cette décision ressemble à une stratégie de transition pragmatique. Tant que les coûts des batteries demeureront élevés et que l’infrastructure de recharge progressera à un rythme inégal, plusieurs constructeurs garderont une porte ouverte aux motorisations thermiques — surtout lorsqu’elles peuvent générer des profits rapidement et Stellantis plus que quiconque a besoin de profits rapidement.
Avec des renseignements de Reuters
Le texte Stellantis relance le diesel en Europe provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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