Stellantis et Leapmotor : un projet rejeté au Canada, mais pas sans avenir

Le projet de Stellantis visant à assembler des véhicules électriques Leapmotor à partir de kits importés de Chine dans son usine de Brampton, en Ontario, n’a surpris personne… sauf peut-être par son audace. Selon les informations initialement rapportées, l’idée consistait à faire assembler des véhicules à partir de trousses « complete knockdown » (CKD) par quelques centaines de travailleurs syndiqués. Une approche qui a immédiatement suscité une levée de boucliers chez les décideurs politiques et syndicaux.

Une opposition politique et syndicale unanime

Des figures clés comme Lana Payne, Doug Ford et Mélanie Joly ont rapidement dénoncé le projet. Au-delà des considérations politiques, plusieurs jugent absurde d’utiliser une usine complète — dotée d’installations de soudure, de peinture et d’assemblage — simplement pour boulonner des pièces importées.

Une usine à l’arrêt et une pression croissante

L’usine de Brampton demeure inactive, laissant près de 3 000 travailleurs dans l’incertitude depuis près de deux ans et demi. Une situation difficile qui met de la pression sur Stellantis pour proposer une solution crédible, surtout en année de négociation contractuelle. Rappelons qu’en 2023, Stellantis s’était engagé à produire la prochaine génération du Jeep Compass à Brampton. Mais le ralentissement du marché des véhicules électriques, combiné aux tensions commerciales avec les États-Unis, a forcé l’abandon du projet en 2025.

Leapmotor : une opportunité stratégique sous-estimée

Si l’idée des kits CKD semble condamnée, le partenariat avec Leapmotor pourrait représenter une avenue beaucoup plus prometteuse. Stellantis détient 20 % de Leapmotor et contrôle 51 % de Leapmotor International, responsable des activités hors Chine. En Europe, la stratégie prend déjà forme : distribution via le réseau Stellantis et début d’une production locale en Espagne.

Un modèle européen qui pourrait inspirer le Canada

En Europe, Stellantis envisage non seulement d’assembler des véhicules Leapmotor localement, mais aussi d’utiliser leur technologie pour ses propres marques comme Fiat, Opel et Peugeot. Transposé au Canada, ce modèle pourrait permettre la production locale de véhicules Leapmotor. l’intégration de technologies chinoises dans des modèles nord-américains et une relance complète de l’usine de Brampton avec une chaîne d’approvisionnement locale.

Vers une solution hybride plus réaliste

Une approche progressive pourrait rendre le projet acceptable. Par exemple, débuter avec des kits CKD à court terme, tout en développant une production locale complète (emboutissage, soudure, peinture) à moyen terme. Un tel scénario permettrait aussi d’exploiter des ressources existantes comme l’usine de batteries NextStar Energy à Windsor, initialement destinée à alimenter la production du Compass électrique.

Une porte de sortie pour Brampton ?

Même si le concept initial de kits CKD est largement rejeté, il pourrait servir de levier stratégique pour introduire une vision industrielle plus ambitieuse. Dans un contexte où Stellantis doit impérativement relancer ses activités au Canada, Leapmotor pourrait devenir bien plus qu’un simple partenaire : un catalyseur pour redéfinir la production de véhicules électriques en Ontario.

Avec des renseignements d’Automotive News

Le texte Stellantis et Leapmotor : un projet rejeté au Canada, mais pas sans avenir provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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