Seulement 6 531 véhicules chinois importés au Canada

Les importations de véhicules électriques fabriqués en Chine poursuivent leur progression au Canada, mais à un rythme beaucoup plus lent que prévu. Au 14 juillet, seulement 6 531 véhicules avaient franchi les ports canadiens, soit environ 25 % du quota autorisé pour la première moitié de l’année de contingentement 2026. Cette situation laisse croire que le plafond annuel de 49 000 véhicules, négocié entre Ottawa et Pékin dans le cadre de leur entente tarifaire, sera difficile à atteindre si la cadence actuelle se maintient.

Tesla domine toujours les importations

Les premiers véhicules électriques en provenance de Chine sont arrivés au Canada en mai, suivis de plusieurs milliers d’unités supplémentaires en juin et en juillet. Même si Affaires mondiales Canada ne publie pas de statistiques par constructeur, l’immense majorité des véhicules importés serait constituée de Tesla Model 3 assemblées à l’usine de Shanghai. Le constructeur britannique Lotus, propriété du groupe chinois Geely, a également expédié une vingtaine de VUS électriques Eletre au printemps. Quant à Polestar, également sous le contrôle de Geely, la marque prévoit reprendre les importations de la Polestar 2 dès le mois d’août. Pendant ce temps, les grands constructeurs chinois comme BYD, Chery et Geely poursuivent la mise en place de leurs réseaux de concessionnaires au Canada en vue d’un lancement commercial, mais leurs modèles destinés au grand public ne devraient pas arriver avant 2027.

Un quart du quota utilisé

L’entente conclue entre Ottawa et Pékin prévoit une première période de six mois, de mars à août, durant laquelle 24 500 véhicules peuvent être importés. À partir de septembre et jusqu’en février 2027, un second contingent de 24 500 véhicules sera disponible, auquel s’ajouteront les unités non utilisées de la première période. Avec seulement 6 531 véhicules importés jusqu’à présent, près de 75 % du quota de la première période demeure inutilisé.

Des modèles abordables déjà présents

Même si les marques chinoises les plus populaires n’ont pas encore commencé leurs ventes au Canada, une proportion importante des véhicules importés appartient à la catégorie dite abordable. Les données d’Affaires mondiales Canada indiquent que 37 % des véhicules importés affichent une valeur d’importation inférieure à 35 001 $, un seuil utilisé dans l’entente commerciale. Tesla commercialise actuellement au Canada deux versions de la Model 3 fabriquées à Shanghai. La version d’entrée de gamme est offerte à partir de 42 132 $, frais de livraison inclus, tandis que la version supérieure débute à 52 632 $. L’accord entre les deux pays prévoit qu’à compter de 2030, 50 % des véhicules importés devront respecter ce seuil d’importation inférieur à 35 001 $. Toutefois, aucune exigence de ce type n’est imposée pour l’année de quota 2026.

Un nouveau système de gestion attendu

Pour cette première année, Ottawa attribue les permis d’importation selon le principe du premier arrivé, premier servi. Le gouvernement fédéral souhaite toutefois instaurer un système plus élaboré à compter de septembre. Des consultations auprès de l’industrie ont eu lieu en avril, et les détails devaient être dévoilés en juin. Or, aucune annonce n’a encore été faite. Selon une porte-parole d’Affaires mondiales Canada, de nouvelles informations seront publiées « en temps opportun », sans qu’une échéance soit avancée.

Le quota augmentera chaque année

Le contingent initial autorise l’entrée de 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine au cours de la première année. Ce plafond augmentera ensuite de 6,5 % par année, pour atteindre 63 037 véhicules en 2030. Cette progression graduelle vise à offrir davantage de choix aux consommateurs canadiens tout en permettant aux constructeurs nord-américains et aux fabricants déjà établis de s’adapter à une concurrence accrue.

Conclusion

Les chiffres démontrent que les craintes d’une « invasion » immédiate des véhicules électriques chinois sont, pour le moment, largement exagérées. Malgré l’assouplissement tarifaire, les constructeurs chinois prennent leur temps pour bâtir un véritable réseau de distribution, assurer l’approvisionnement en pièces et développer un service après-vente crédible. À court terme, c’est surtout Tesla qui profite de cette ouverture grâce à son usine de Shanghai. Les véritables gagnants de cette politique pourraient toutefois être BYD, Geely et Chery à partir de 2027, lorsque leurs véhicules seront officiellement commercialisés au Canada.

Le texte Seulement 6 531 véhicules chinois importés au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

Autres articles de Benoit Charette:

Volkswagen pourrait sacrifier la Jetta et la Taycan

Le grand ménage annoncé par le groupe Volkswagen commence à se préciser. Selon le quotidien allemand Bild, le constructeur aurait déjà dressé une liste préliminaire des modèles susceptibles de disparaître dans le cadre de son ambitieux…

Les ventes de Stellantis rebondissent grâce au retour du HEMI V8

Stellantis semble enfin retrouver son élan. Après plusieurs trimestres marqués par des résultats en demi-teinte, le géant de l’automobile affiche une nette progression de ses expéditions mondiales au deuxième trimestre de 2026. Le constructeur…

BMW rappelle plus de 26 000 véhicules au Canada

BMW élargit une importante campagne de rappel qui touche plusieurs de ses voitures et VUS vendus au Canada. Au total, 26 247 véhicules des années-modèles 2021 à 2026 sont visés en raison d’un démarreur qui pourrait avoir été mal fabriqué…

Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs