Sécurité routière : les automobilistes délinquants vont payer

On entend déjà rager les partisans du tout-à-l’auto : Québec veut faire payer les automobilistes encore plus. Mais il faut se rendre à l’évidence : ce sont les automobilistes délinquants qui vont réellement y goûter, et c’est tant mieux.

Car on ne peut pas badiner avec les accidents de la route. Surtout qu’ils ont été plus mortels en 2022 que l’année précédente, qui a elle aussi établi un record. Après une décennie d’accalmie sur ce front, il fallait réagir collectivement. En s’inspirant de la stratégie Vison zéro adoptée par plusieurs pays mais initiée par la Suède il y a une dizaine d’années, le gouvernement du Québec a publié une stratégie nationale de sécurité routière qui veut éliminer les comportements erratiques.

En gros, ça passe par un renforcement des limites de vitesse. On va revoir l’aménagement des rues, des intersections, des pistes cyclables et des trottoirs pour ralentir les automobiles. On va mieux former les conducteurs de gros véhicules. On va imposer des radars photo partout, en ville et sur l’autoroute, pour renforcer le respect des limites de vitesse.

En sous-texte, Québec demande aux automobilistes d’être plus respectueux de leur environnement. Ils devront respecter la priorité des piétons quand ils veulent traverser la rue. Ils devront faire plus de place aux cyclistes qui circulent sur la même route qu’eux.

Sinon, ils recevront une amende dont le montant sera plus salé qu’auparavant. Ils hériteront de plus de points d’inaptitude, aussi. Tout ça dans le but de forcer les plus gros usagers de la route à respecter davantage les plus petits.

Évidemment, en théorie, tout ça se tient, En pratique, la stratégie hérite d’un budget de 186 millions $ pour mettre ses 27 mesures en place. Tout ça d’ici 2028.

La stratégie a été bien reçue, dans l’ensemble, mais elle a deux grands angles morts : le premier, elle ne fait rien pour réduire le nombre de véhicules sur les routes, qui est de plus en plus le nœud du problème en mobilité. Le deuxième problème : on ne sait pas s’il y aura plus de policiers sur les routes pour faire respecter la loi. Car on le sait: quand il y a moins de surveillance policière, il y a plus d’infractions.

Alors, à moins qu’on renforce la surveillance, ou à moins que les automobilistes délinquants apprennent à mieux se comporter, la stratégie n’atteindra pas entièrement son objectif.

Le texte Sécurité routière : les automobilistes délinquants vont payer provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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