Nissan Armada: une mauvaise bonne idée

L’industrie automobile a une règle d’or : un constructeur qui veut être compétitif doit proposer au moins un modèle dans chacune des catégories de véhicules les plus populaires dans les principaux marchés de la planète. Des fois, ça a du bon. D’autres fois, ça donne des résultats désolants, comme le démontre l’Armada 2024 de Nissan.

On savait déjà que Nissan allait tirer la proverbiale plogue pour sa camionnette Titan après l’année-modèle 2024. C’est une grosse nouvelle, dans la mesure où le marché des camionnettes, en Amérique du Nord, c’est gros. Au propre comme au figuré. Mais Nissan n’a jamais su percer ce marché et sa camionnette n’avait rien pour la distinguer avantageusement des modèles les plus populaires.

On peut dire la même chose de l’Armada, un énorme VUS conçu pour transporter 8 passagers, et dont une bonne partie des composants sont empruntés à la Titan. À commencer par son V8 de 5,6 litres qui, on va se le dire, aurait dû être retiré du catalogue il y a des années déjà. Il est poussif. Il est bruyant. Il est surtout extrêmement gourmand. Bref, il n’apporte en aucun cas l’expérience de conduite qu’on aimerait vivre à bord d’un VUS qui coûte, au bas mot, 76 000 $. Ou, encore pire, 84 000$ pour l’édition Platine que j’ai eu la chance de tester durant une semaine.

C’est l’émettrice de ma carte de crédit qui remercie Nissan. J’ai dû amortir la facture d’essence sur les trois prochains mois. À 17 litres aux 100 kilomètres, à vide, et à peu près juste sur l’autoroute, c’est un des véhicules les plus énergivores sur le marché en ce moment.

On vous ferait la liste des marques qui ont des VUS pour sept passagers qui coûtent moins cher, qui sont plus plaisants à conduire, et qui offrent une technologie plus raffinée, mais on ferait le tour en entier de l’Annuel de l’automobile… Mentionnons seulement Kia et Hyundai, d’une part, et Chevrolet ou même Toyota, d’autre part.

On essaie de voir dans la fiche technique qu’est-ce que l’Armada possède qui est mieux qu’ailleurs, et on ne trouve pas. L’aide à la conduite avancée de Nissan fait bien, mais celle de Ford fait mieux. L’écran central fait 12,3 pouces, ce qui est petit, quand on compare avec ce qu’offrent les autres marques.

À bord, on a beaucoup de place pour cinq passagers, et de la place en prime pour ceux qui vont aller s’asseoir tout au fond, mais ce n’est pas confortable. Encore plus en raison d’une suspension qui se comporte comme celle d’un fourgon commercial, qui va donner la nausée aux gens à l’estomac sensible…

Le plus grand atout de l’Armada est qu’il peut remorquer jusqu’à 8500 livres, ce qui est beaucoup. Il a certainement le couple pour le faire – à 413 livres-pied. La boîte automatique à 7 rapports est un peut raide, mais elle fait le boulot. Et bien sûr, on a quatre roues motrices, ce qui aide à décoller au point mort.

Mais honnêtement, c’est trop peu à offrir pour rivaliser avec ce qu’offrent les autres constructeurs dans ce marché. Les gros VUS, on le sait, sont très populaires aux États-Unis, et on en voit quand même pas mal chez nous aussi, et forcément, Nissan se sentait obligé d’avoir un modèle à offrir.

Malheureusement, l’Armada nous donne juste hâte au jour où les moteurs à huit cylindres seront disparus du marché.

Le texte Nissan Armada: une mauvaise bonne idée provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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