L’industrie automobile s’engage sur une route imprévisible en 2026

Il y a un an, plusieurs économistes redoutaient l’imposition d’un tarif généralisé de 25 % sur les exportations canadiennes — un scénario perçu comme une menace existentielle pour l’économie. Or, l’impact réel s’est révélé beaucoup plus limité. Entre 86 % et 90 % des biens traversant la frontière canado-américaine demeurent exempts de droits de douane, ce qui a transformé un choc potentiel en perturbation ciblée et nettement moins sévère que prévu. Résultat : la croissance économique se poursuit, mais de façon modérée et inégale. Les indicateurs du marché du travail laissent croire que le chômage a atteint un sommet et amorce une amélioration, tandis que le PIB par habitant est de retour en territoire positif. Les performances varient néanmoins fortement selon les régions et les industries.

Une industrie automobile sous pression chronique

Pour le secteur automobile canadien, le portrait demeure nettement plus complexe. Au-delà des tensions commerciales, les constructeurs doivent composer avec des défis structurels qui pèsent sur la fabrication depuis plus de vingt ans. L’incertitude entourant la révision prochaine de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) devrait également alimenter la volatilité des investissements et de la planification industrielle tout au long de 2026. Chez RBC, on juge toutefois improbable que l’entente soit complètement abandonnée. « L’accord profite largement aux États-Unis. Dans un an, nous devrions nous retrouver avec quelque chose de très proche de l’actuel. »

Une demande automobile étonnamment robuste

Malgré les turbulences du côté de la production, la demande des consommateurs tient bon. Les ventes de véhicules neufs ont progressé de plus de 2 % en 2025, soutenues par un marché de l’emploi stable et une demande refoulée. Cette dynamique devrait se maintenir — sans véritable accélération. Après avoir atteint environ 1,9 million d’unités l’an dernier, les ventes devraient rester essentiellement stables en 2026. Le ralentissement de la croissance démographique freinera la demande globale, mais une hausse des dépenses par consommateur devrait compenser partiellement cet effet.

Le virage démographique redéfinit le marché

Le changement démographique s’impose désormais comme l’un des facteurs les plus structurants pour l’économie et le marché automobile. Après plusieurs années marquées par une immigration record et une croissance démographique dépassant 3 % par an, les nouvelles politiques fédérales ont réduit fortement l’arrivée de résidents non permanents. Au cours des derniers trimestres, la croissance de la population a même stagné — voire reculé. Cette inversion prive l’économie d’un moteur important. Selon Hogue, l’expansion rapide de la population avait contribué à éviter une récession en stimulant la consommation. Ce vent arrière se transforme maintenant en vent de face, limitant la croissance globale autour de 1,5 % en 2026. Pour les constructeurs et les concessionnaires, cela marque une transition : on passe d’un marché alimenté par l’arrivée de nouveaux acheteurs à un environnement plus mature, davantage tributaire du pouvoir d’achat des ménages.

Peu d’espoir du côté des taux d’intérêt

Un assouplissement monétaire majeur semble peu probable. La Banque du Canada aurait terminé son cycle de baisses de taux, estimant que les tensions commerciales — et non le coût du crédit — représentent le principal risque économique. Les gouvernements devraient donc jouer un rôle plus actif, notamment par des politiques budgétaires visant à soutenir les industries et les régions les plus exposées aux perturbations commerciales.

Une économie qui creuse les écarts

Le paysage économique canadien devient de plus en plus fragmenté. Certaines régions et certains secteurs prospèrent, tandis que d’autres — notamment les pôles manufacturiers liés à l’automobile, à l’acier et aux ressources — peinent à suivre.

Conclusion

La véritable bonne nouvelle pour l’automobile n’est pas la croissance — encore fragile — mais la stabilité. Tant que la demande demeure autour de 1,8 à 2 millions d’unités, le marché canadien reste rentable pour les constructeurs. Le risque principal se situe davantage du côté industriel : coûts élevés, productivité inférieure à celle de certaines usines américaines et dépendance aux politiques commerciales. À moyen terme, l’enjeu ne sera pas seulement de produire au Canada, mais de produire compétitif.

Avec des renseignements d’Automotive News Canada

Le texte L’industrie automobile s’engage sur une route imprévisible en 2026 provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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