Les prix des voitures neuves et d’occasions vont grimper au Canada

Les nouveaux tarifs imposés par les États-Unis sur les véhicules importés risquent de bouleverser le marché automobile canadien. Selon plusieurs experts, ces droits de douane de 25 % auront pour effet immédiat de faire grimper les prix, autant pour les voitures neuves que pour les voitures d’occasion.

Un effet domino sur les prix de l’occasion

« Dès que les prix des voitures neuves montent, les consommateurs se tournent vers le marché de l’usagé, ce qui fait monter la demande et donc les prix », explique Sean Mactavish, PDG de la plateforme Autozen. Résultat : même avant l’application complète des tarifs, certains vendeurs d’autos usagées ajustent déjà leurs prix à la hausse, anticipant la ruée d’acheteurs à la recherche d’aubaines.

Un contexte d’incertitude qui freine les achats

Les Canadiens risquent de reporter leurs achats ou de rechercher des véhicules moins chers, note Mactavish. Un constat partagé par Baris Akyurek, vice-président chez Autotrader.ca, qui affirme que les prix des véhicules neufs ne pourront qu’augmenter une fois que les effets des tarifs se feront sentir dans la chaîne d’approvisionnement. « C’est inévitable », affirme Akyurek. « Le marché de l’occasion est déjà en ébullition depuis le début de mars. »

Des mesures de rétorsion côté canadien

Le Canada a répliqué avec ses propres tarifs sur les voitures provenant des États-Unis, intensifiant encore la pression sur les prix. Le premier ministre Mark Carney et le premier ministre de l’Ontario Doug Ford ont dénoncé les mesures américaines, soulignant les impacts économiques graves sur l’industrie automobile nord-américaine. Doug Ford : « Ces pièces traversent la frontière sept ou huit fois. Si un constructeur ferme, ça bloque les lignes d’assemblage des deux côtés. C’est insensé. »

Plus que des autos : l’acier et l’aluminium aussi visés

Les nouveaux droits de douane incluent aussi l’acier et l’aluminium, ce qui alourdit les coûts pour les constructeurs. Selon TD Économie, ces mesures pourraient faire grimper le prix moyen d’un véhicule aux États-Unis de 5 000 $ US. Et si l’exemption pour les pièces conformes à l’accord CUSMA est levée, l’augmentation pourrait atteindre 7 000 à 10 000 $ US, plus 1 000 $ supplémentaires liés aux métaux.

Risque de pénurie et de fermetures d’usines

Stellantis a déjà temporairement suspendu ses opérations à son usine de Windsor, en Ontario. Selon Mactavish, les fermetures d’usines et les perturbations d’approvisionnement entraîneront inévitablement une rareté de véhicules sur le marché — et des prix encore plus élevés.

Un air de déjà-vu : retour au chaos de la pandémie

Comme lors de la pénurie de véhicules liée à la COVID-19, certains modèles pourraient devenir inaccessibles selon leur origine de fabrication, souligne Mactavish. Les voitures construites à l’étranger ou utilisant beaucoup de pièces importées seront particulièrement touchées. Cette hausse des coûts touchera aussi les assurances auto. Selon Ratehub.ca, les prix des primes pourraient grimper à cause de l’augmentation des réclamations pour perte totale.

Une relocalisation difficile à court terme

Donald Trump souhaite que les grands constructeurs relocalisent leur production aux États-Unis. Une ambition loin d’être réaliste à court terme, selon Mactavish : « Déménager une usine d’assemblage n’est pas une opération simple. Et si les constructeurs se retirent du Canada, les retombées seront majeures. »

Les acheteurs canadiens devront s’adapter

Entre les tarifs croisés, les tensions commerciales et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, les consommateurs canadiens n’ont d’autre choix que de revoir leur stratégie automobile. Le marché des véhicules usagés devient la nouvelle zone chaude, mais il faudra s’attendre à y payer plus cher qu’avant.

Avec des renseignements d’Automotive News Canada

Le texte Les prix des voitures neuves et d’occasions vont grimper au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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