Les marques chinoises intensifient leur offensive au Canada
Le paysage automobile canadien est en train de changer de visage. Portés par une entente conclue plus tôt cette année entre le Canada et la Chine, plusieurs constructeurs chinois de véhicules électriques accélèrent leurs préparatifs en vue d’une arrivée imminente. À partir de 2026, un système de quotas permettra l’importation de dizaines de milliers de modèles assemblés en Chine, ouvrant la porte à une nouvelle vague de compétiteurs. Dans l’ombre, des groupes majeurs comme Geely Holding, Chery Automobile et BYD ont déjà enclenché la machine. Et les premiers signes concrets commencent à apparaître sur le terrain.
Zeekr s’installe en coulisses à Toronto
La marque haut de gamme Zeekr, qui appartient à Geely, a récemment lancé une série de recrutements stratégiques à Toronto. Derrière ces embauches se dessine clairement une volonté d’implantation structurée. L’entreprise cherche à bâtir son organisation locale en couvrant des fonctions essentielles comme les ventes, le marketing et le développement du réseau. Même si aucun calendrier officiel n’a été dévoilé, cette activité laisse peu de place au doute : Zeekr prépare activement son entrée sur le marché canadien, avec une approche qui semble vouloir reproduire les standards déjà observés en Europe.
Chery avance discrètement avec des essais sur route
Pendant ce temps, Chery Automobile adopte une stratégie plus feutrée, mais tout aussi révélatrice. Des exemplaires du Jaecoo E5 ont été aperçus dans la région de Toronto, munis de plaques réservées aux constructeurs. Ce type d’immatriculation permet d’effectuer des essais, des démonstrations ou des évaluations techniques en conditions réelles. Ce détail est loin d’être anodin. Il confirme que le constructeur est déjà en phase d’adaptation de ses produits aux réalités canadiennes, qu’il s’agisse du climat, des infrastructures ou des normes de sécurité. Le Jaecoo E5, proposé à un tarif compétitif sur d’autres marchés comparables, pourrait devenir un joueur sérieux dans le segment des VUS électriques accessibles.
BYD mise sur une expansion rapide
Le cas de BYD est encore plus révélateur de l’ambition chinoise. Le constructeur prévoit déployer un réseau pouvant atteindre une vingtaine de points de vente au Canada, en s’appuyant sur des partenaires locaux. Cette stratégie rappelle fortement son offensive européenne, où la marque a réussi à s’implanter rapidement en combinant volume et accessibilité.
Un cadre réglementaire encore en construction
Malgré cette effervescence, certaines pièces du puzzle ne sont pas encore en place. Affaires mondiales Canada n’avait toujours pas attribué de quotas d’importation au début du mois de mai. De leur côté, les autorités de Transports Canada doivent s’assurer que les véhicules respectent les normes canadiennes, même si des exemptions temporaires permettent déjà d’en importer pour des essais.
Une arrivée imminente, mais progressive
Il serait toutefois prématuré de s’attendre à un déferlement immédiat en concession. Les premières ventes ne devraient pas se concrétiser avant la fin de l’année, le temps de finaliser les réseaux de distribution, d’homologuer les véhicules et de peaufiner les stratégies commerciales.
Conclusion
Ce qui se joue actuellement dépasse largement une simple arrivée de nouvelles marques. Les constructeurs chinois arrivent avec une proposition redoutablement efficace, combinant coûts maîtrisés, expertise en électrification et rapidité d’exécution. Pour les joueurs établis, la menace est bien réelle, surtout dans les segments où le prix demeure un facteur décisif. Si la perception de qualité et la confiance des consommateurs suivent, ces nouveaux venus pourraient rapidement redessiner l’équilibre du marché canadien.
Avec des renseignements d’automotive News
Le texte Les marques chinoises intensifient leur offensive au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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