Les constructeurs paient cher pour ne pas savoir ce qu’il y a dans leurs voitures

Les constructeurs automobiles qui fabriquent des véhicules au Canada et au Mexique commencent à ressentir la pression des nouvelles règles commerciales américaines. Une récente étude montre que nombre de ces véhicules contiennent moins de pièces d’origine américaine que requis pour bénéficier des allégements tarifaires prévus par l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC/USMCA). Résultat : des factures salées à la frontière. Selon les données de la U.S. International Trade Commission, analysées par T.D. Cowen, les voitures importées des deux pays ont subi en juillet un tarif moyen de 19 %, bien au-delà de ce que prévoyaient les constructeurs.

Pourquoi les chiffres font sourciller

Le système actuel impose 25 % de tarif sur les pièces non fabriquées aux États-Unis. Ainsi, une moyenne de 19 % suggère que les constructeurs ont du mal à prouver que leurs véhicules contiennent suffisamment de pièces américaines — ou qu’ils ne sont tout simplement pas capables de le démontrer à cause d’un suivi inefficace des composantes. « Il y a énormément de complexités dans le secteur automobile, particulièrement en ce qui concerne le suivi des pièces, les véhicules, l’AEUMC et la manière dont s’appliquent les tarifs », explique Angela Gamalski, experte en conformité commerciale internationale chez Honigman, à Automotive News.

Des exigences claires, mais difficiles à atteindre

Pour se conformer à l’AEUMC, un véhicule doit :

  • être composé à au moins 75 % de pièces nord-américaines ;

  • utiliser 70 % d’acier et d’aluminium produits en Amérique du Nord ;

  • et avoir 40 % ou plus de ses composantes issues d’usines où le salaire minimum est de 16 $ US/heure.

Si ces seuils ne sont pas atteints, le véhicule se voit imposer un tarif complet de 25 % sur sa valeur totale, un coup dur pour les modèles produits au nord et au sud de la frontière américaine.

Les grands constructeurs dans la ligne de mire

Des marques comme GM, Ford, Stellantis et BMW, qui produisent des véhicules en Amérique du Nord mais hors du territoire américain, pourraient avoir surestimé la proportion de contenu étranger dans certains modèles. Une erreur coûteuse : la pénalité de 25 % s’applique non seulement au véhicule concerné, mais aussi à chaque exemplaire identique importé depuis le 3 avril.

Un casse-tête administratif plus qu’un manque de patriotisme industriel

Ce problème ne reflète pas nécessairement une dépendance accrue envers les pièces étrangères, mais plutôt un défi administratif colossal. Le traçage précis de l’origine de milliers de pièces par véhicule est devenu un enjeu logistique majeur, même pour les géants de l’industrie. En attendant, les constructeurs nord-américains paient la note — et les États-Unis récoltent des recettes tarifaires records.

Avec des renseignements de Carscoops

Le texte Les constructeurs paient cher pour ne pas savoir ce qu’il y a dans leurs voitures provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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