Le chemin de l’avenir électrique est pavé de bonnes intentions

Nous connaissons tous cette métaphore du chemin de l’enfer qui est pavé de bonnes intentions. Cela se définit souvent par la volonté d’agir ou le désir de bien faire en constatant que cela ne suffit tant que des actes ne suivent pas et que l’on peut former un grand nombre de bonnes résolutions sans pour autant les mener à leur fin.

Des normes audacieuses en place

Il faut d’une part saluer le courage du gouvernement fédéral qui oblige les constructeurs à vendre 20 % de véhicules légers — incluant les VUS — zéro émissions dès 2026. Ce seuil progressera annuellement pour s’établir à 60 % en 2030 et jusqu’à 100 % dès 2035. Nous sommes en ce moment, à l’échelle nationale autour de 9,5 % avec moins de trois ans pour atteindre la première cible. Il faut dire merci au Québec et à la Colombie-Britannique qui relève la moyenne nationale

On ne tient pas compte de l’offre

Un règlement n’est bon à rien si les conditions pour réaliser les objectifs n’existent pas. C’est précisément le problème qui se pose en ce moment. L’attente pour un modèle hybride branchable ou 100 % électrique est de tout près de deux ans. Cela nous amène au printemps de 2025 pour ceux qui commandent un de ces modèles maintenant. Comment sera-t-il possible de doubler le pourcentage actuel si tout le monde est sur une liste d’attente. Si l’offre n’existe pas, il sera très difficile de rencontrer les normes imposées par le gouvernement fédéral.

On ne tient pas compte du prix

Si nous voulons en tant que société qu’un jour, le véhicule électrique devienne la norme, il faudra que ces derniers soient à la portée de toutes les bourses. Avez-vous vu le prix des véhicules électriques sur le marché en ce moment. Il y a beaucoup de nouveautés qui s’en viennent, mais la moyenne des prix dépasse facilement les 60 000 à 70 000 $. Si nous voulons qu’il y ait vraiment une révolution électrique, il faudra amener des véhicules à 30 000 $ et moins que la classe moyenne pourra prendre en considération. Tous les jours, des gens me disent qu’ils aimeraient bien faire l’acquisition d’un VÉ, mais cela dépasse de loin leur budget. Faut-il demander aux constructeurs de baisser les prix des VÉS et de cesser de faire des véhicules électriques qui sont des vitrines technologiques (qui coûtent une fortune) pour mettre en marché un véhicule avec une bonne autonomie, sans artifices. Faut-il demander à toutes les provinces canadiennes d’ajouter un rabais provincial à celui du fédéral pour pousser la vente de VÉ ?

De gros progrès à faire

En 2022, il s’est vendu environ 1,5 million de véhicules neufs au Canada. De ce nombre environ 150 000 étaient des modèles hybrides branchables ou électriques. Ce chiffre devra doubler à la fin de 2025. Considérant qu’une bonne année de vente au canada tourne autour de 2 millions de véhicules, il faudra donc âtre tout près de 400 000 en 2026 et 1,2 million en 2030. La pénalité pour les constructeurs automobiles en cas de non-conformité peut atteindre 20 000 dollars par véhicule.

Faut-il s’étonner que l’industrie automobile n’aime pas du tout le mandat fédéral de vente de véhicules ZEV ? En supposant que la loi soit adoptée, ne croyez-vous pas que le gouvernement a mis la charrue devant les bœufs ?

Le texte Le chemin de l’avenir électrique est pavé de bonnes intentions provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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