Le Canada commence demain à délivrer des permis d’importation à la Chine

Le gouvernement canadien commencera dès le 1er mars à délivrer des permis d’importation pour des véhicules électriques fabriqués en Chine, concrétisant ainsi une entente commerciale conclue récemment avec Pékin. Au total, jusqu’à 49 000 véhicules pourront entrer au pays au cours des 12 prochains mois, une première étape d’un mécanisme qui élargira progressivement l’accès au marché canadien.

Un tarif ramené à 6,1 %

Selon l’avis publié le 24 février par Affaires mondiales Canada, un premier bloc de 24 500 véhicules pourra être importé entre le 1er mars et le 31 août, sur la base du principe « premier arrivé, premier servi ». Bonne nouvelle pour les importateurs : les véhicules admissibles seront assujettis au tarif de la nation la plus favorisée de 6,1 %, comparativement au tarif punitif de 106,1 % imposé en 2024 dans le contexte des tensions commerciales sino-canadiennes. Il s’agit d’un revirement stratégique majeur. En échange du quota d’importation de VÉ chinois, Pékin a réduit ses droits de douane sur plusieurs produits agricoles canadiens, notamment le canola.

Un quota appelé à croître d’ici 2030

Le plafond initial de 49 000 unités passera à 70 000 véhicules d’ici 2030. Le quota englobe les véhicules 100 % électriques (BEV), les hybrides conventionnels et les hybrides rechargeables (PHEV). Aucun dépassement annuel ne sera autorisé. Les importations excédentaires seront bloquées. Affaires mondiales Canada précise qu’il n’y a « aucune limite prédéterminée » par constructeur durant la première période, mais que le gouvernement surveillera les demandes afin d’assurer un accès équitable au quota. Une deuxième période d’attribution, couvrant du 1er septembre 2026 au 28 février 2027, permettra l’entrée de 24 500 véhicules additionnels, plus les permis non utilisés.

Conformité obligatoire aux normes canadiennes

Un avis de l’Agence des services frontaliers du Canada publié le 26 février rappelle que tout véhicule importé devra respecter l’ensemble des normes canadiennes de sécurité automobile. À ce stade, Ottawa indique ne pas être au courant d’un éventuel mécanisme de permis d’exportation imposé par la Chine.

Quels constructeurs sont prêts ?

Le nombre de joueurs réellement positionnés pour profiter rapidement du quota demeure limité. Les candidats qui peuvent débarquer demain incluent Tesla, Polestar et Volvo. Tesla a été le principal importateur de VÉ assemblés en Chine vers le Canada avant l’entrée en vigueur des tarifs de 2024. Volvo et Polestar — toutes deux contrôlées par le groupe chinois Geely — ont indiqué être en phase d’évaluation, sans décision officielle pour l’instant. Du côté des marques chinoises émergentes, BYD observe attentivement la situation. L’entreprise a récemment qualifié l’accord commercial de « signal positif » et mène des analyses internes quant à une éventuelle entrée sur le marché canadien.

Impact réel sur le marché canadien

En perspective, 49 000 unités représentent un volume significatif mais loin d’être dominant dans un marché canadien qui dépasse annuellement les 1,6 million de véhicules neufs.

L’impact pourrait toutefois être stratégique avec une pression accrue sur les prix des VÉS, une offre élargie dans les segments compacts et intermédiaires et un rééquilibrage des chaînes d’approvisionnement nord-américaines. La vraie question demeure : les constructeurs chinois oseront-ils s’implanter officiellement au Canada, ou laisseront-ils les marques déjà établies occuper l’espace ? À court terme, il est probable que « les mêmes acteurs qu’avant 2024 » monopolisent la majorité du quota.

Conclusion

Ottawa envoie un signal clair de détente commerciale tout en gardant un contrôle strict sur les volumes. Le quota agit comme une soupape réglementée : ouverture stratégique, mais sans déferlante. Pour le consommateur canadien, cela pourrait signifier davantage de choix et, potentiellement, une pression à la baisse sur les prix. Pour l’industrie, c’est une partie d’échecs géopolitique où chaque mouvement sera calculé.

Avec des renseignements d’Automotive News

Le texte Le Canada commence demain à délivrer des permis d’importation à la Chine provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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