La Nouvelle -Écosse impose une taxe aux propriétaires de VÉS
Alors que le gouvernement fédéral multiplie les incitatifs pour accélérer l’adoption des véhicules électriques et hybrides rechargeables, la Nouvelle-Écosse prend une direction opposée. Son dernier budget prévoit l’imposition de nouveaux frais pour les propriétaires de véhicules électrifiés, soulevant un débat sur la cohérence des politiques climatiques au pays.
Des frais de 500 $ pour les électriques
Le budget provincial déposé lundi instaure un frais de 500 $ pour les véhicules 100 % électriques et de 250 $ pour les hybrides. Ces montants seront exigés tous les deux ans. Pendant ce temps, à Ottawa, le gouvernement fédéral maintient des subventions pouvant atteindre 5 000 $ pour l’achat d’un véhicule électrique neuf et jusqu’à 2 500 $ pour un hybride rechargeable.
Deux visions diamétralement opposées : l’une mise sur l’accélération de la transition, l’autre invoque l’équité fiscale.
L’argument du gouvernement : payer pour les routes
Les autorités provinciales défendent la mesure en affirmant que les conducteurs de véhicules électriques doivent, eux aussi, contribuer à l’entretien du réseau routier. Les automobilistes à essence le font déjà par le biais de la taxe provinciale sur le carburant. La province estime que ces nouveaux frais généreront 1,6 million de dollars en 2026-2027, puis 3,3 millions en 2027-2028.
Kurt Sampson, directeur général de l’Electric Vehicle Association of Atlantic Canada, qualifie toutefois la décision de « myope et irresponsable ». Selon lui, les études démontrent que les camions lourds commerciaux causent une usure nettement supérieure aux voitures particulières.
Il soutient qu’un frais fixe imposé aux véhicules électriques cible injustement des véhicules à faible impact sur l’infrastructure, tout en négligeant la contribution disproportionnée du transport de marchandises.
Fin des rabais provinciaux aux particuliers
En 2021, sous l’ancien gouvernement libéral provincial, la Nouvelle-Écosse avait mis en place un programme de rabais pouvant atteindre 3 000 $ pour un véhicule électrique neuf, 2 000 $ pour un électrique d’occasion ou un hybride neuf, 1 000 $ pour un hybride d’occasion et 500 $ pour un vélo électrique admissible Ce programme, dont le coût était estimé à 9,5 millions de dollars, a pris fin. Les derniers paiements ont été effectués en mai 2025.
Le gouvernement progressiste-conservateur du premier ministre Tim Houston a toutefois lancé en avril 2024 un programme de rabais destiné aux véhicules commerciaux moyens et lourds zéro émission (plus de 3 856 kg). Une enveloppe de 500 000 $ était prévue pour un an, bien que les demandes soient toujours acceptées.
Une incohérence stratégique?
Sur le plan automobile, cette décision illustre un débat grandissant en Amérique du Nord : comment financer les infrastructures routières à l’ère de l’électrification? Plusieurs juridictions envisagent des formules alternatives — tarification au kilomètre, frais variables selon le poids ou taxation universelle à l’immatriculation — afin d’éviter de cibler uniquement les véhicules électriques.
Dans le cas présent, la mesure néo-écossaise risque d’envoyer un signal contradictoire au moment même où les constructeurs accélèrent leur offre électrifiée et où le fédéral investit massivement dans la décarbonation des transports. À court terme, l’impact financier demeure modeste. Mais symboliquement, la décision pourrait freiner l’élan d’adoption dans une province où la pénétration des véhicules électriques demeure encore limitée.
Avec des renseignements de la Presse Canadienne
Le texte La Nouvelle -Écosse impose une taxe aux propriétaires de VÉS provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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