Honda et Nissan envisagent un grand partenariat pour l’Amérique du Nord

Honda et Nissan songent à se rapprocher de nouveau. Quelques mois après avoir abandonné l’idée d’une fusion, les deux constructeurs japonais reviennent à la table pour discuter d’un partenariat visant à développer des véhicules et des motorisations destinés au marché américain.

Selon un reportage de Nikkei Asia, le nouveau PDG de Nissan, Ivan Espinosa, confirme que des discussions actives sont en cours. L’objectif n’est pas de relancer un projet de mariage corporatif, mais bien d’explorer des collaborations flexibles et ciblées.

« Nous discutons de la façon dont nous pouvons collaborer aux États-Unis », explique Ivan Espinosa, précisant que le développement conjoint de produits et de groupes motopropulseurs fait partie des options évaluées. Il ajoute que les rencontres entre les équipes — incluant la haute direction — sont « constructives » et « positives ».

Ivan Espinosa, en poste depuis avril, écarte toutefois toute idée de fusion ou de participation croisée : « Nous ne parlons pas d’intégration ou de liens capitalistiques. »

L'usine de Honda à Marysville, en Ohio
L’usine de Honda à Marysville, en Ohio | Auto123.com

Tarifs américains : un point de pression majeur

Le terrain américain demeure difficile, surtout depuis que Washington a revu à la hausse les tarifs imposés sur les véhicules japonais. Même si ceux-ci ont récemment été abaissés à 15 %, ils restent bien au-dessus du taux pré-guerre commerciale, fixé à 2,5 %.

Nissan prévoit que ces tarifs feront chuter ses bénéfices de 275 milliards de yens (1,8 milliard $US) cette année fiscale. Chez Honda, l’impact estimé grimpe à 385 milliards de yens (**2,5 milliards$ US**).

Dans un marché où l’engouement pour les véhicules 100 % électriques ralentit et où les constructeurs chinois, comme BYD, gagnent du terrain à coups de prix agressifs, une mutualisation des ressources devient une stratégie logique.

Un partenariat qui pourrait aller au-delà du logiciel

Honda et Nissan avaient déjà signé en 2024 une entente sur les technologies d’intelligence véhiculaire et d’électrification. La nouvelle vague de discussions pourrait cependant ouvrir la porte à des projets beaucoup plus ambitieux.

Parmi les pistes évoquées, on parle de co-développement de plateformes, de partage de motorisations et de production commune en sol nord-américain. Espinosa n’a pas confirmé la possibilité de produire des véhicules Nissan dans des usines Honda situées en Amérique du Nord, mais ce scénario demeure plausible.

Parallèlement, Nissan poursuit son plan de relance qui prévoit l’élimination de 20 000 emplois et la réduction de son nombre d’usines mondiales de 17 à 10 d’ici 2028. Malgré une perte de 221,9 milliards de yens (1,5 milliard $ US) plus tôt cette année, Ivan Espinosa assure que la marque reste agile.

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