Guerre en Iran : Toyota, Hyundai et Stellantis pourraient subir de fortes perturbations

Le conflit en Iran pourrait provoquer des perturbations majeures dans l’industrie automobile mondiale, selon une analyse de la firme Bernstein Equity Research. Les constructeurs Toyota, Hyundai et plusieurs marques chinoises, très présents au Moyen-Orient, sont particulièrement exposés aux conséquences d’un conflit prolongé. Les risques incluent des perturbations logistiques, des livraisons retardées et surtout une flambée des prix du pétrole, qui pourrait faire chuter les ventes de véhicules à l’échelle mondiale. Pour l’instant, les opérations internationales des grands constructeurs semblent relativement peu affectées. Mais si la situation se prolonge, l’impact pourrait largement dépasser la région du Golfe.

Le Moyen-Orient : un marché clé pour plusieurs constructeurs

Selon l’analyse publiée le 4 mars par Bernstein, certains constructeurs disposent d’une présence particulièrement importante au Moyen-Orient. Part de marché régionale approximative : Toyota : 17 %, Hyundai : 10 % et Chery : 5 %. L’Iran constitue à lui seul le plus grand marché automobile de la région, représentant environ 38 % des ventes régionales, soit près de 3 millions de véhicules vendus l’an dernier. En raison des sanctions internationales, les grandes marques occidentales y sont largement absentes. Le marché est donc dominé par les véhicules électriques chinois.

Trois impacts majeurs pour l’industrie automobile

Les analystes identifient trois effets principaux du conflit sur l’industrie automobile mondiale.

1. Perturbation directe des ventes en Iran

Le marché iranien pourrait être directement touché par le conflit, ce qui affecterait les constructeurs locaux, les marques chinoises très présentes dans le pays. Les deux principaux fabricants nationaux sont Iran Khodro et SAIPA, qui dominent le marché local.

2. Perturbations logistiques dans toute la région

Les tensions pourraient également perturber les chaînes d’approvisionnement et les livraisons de véhicules dans plusieurs marchés clés comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Israël et le Koweït. Des marques comme Toyota, Hyundai et Nissan réalisent des volumes de ventes importants dans ces marchés.. Même les constructeurs de voitures de luxe pourraient être affectés, notamment Ferrari, dont la clientèle est bien établie dans la région.

3. Hausse du prix du pétrole

Le risque le plus important concerne la hausse des prix du pétrole, en raison de perturbations possibles dans le transport maritime à travers le détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour les exportations pétrolières. Une augmentation marquée du prix du brut pourrait réduire la confiance économique mondiale et diminuer la demande pour les véhicules neufs. Selon Bernstein, Stellantis pourrait être particulièrement vulnérable, étant donné sa forte dépendance aux véhicules à moteur thermique.

Toyota pourrait réduire sa production

Selon le quotidien japonais Nikkei, Toyota envisagerait de réduire sa production d’environ 40 000 véhicules pour anticiper d’éventuelles perturbations logistiques vers le Moyen-Orient. Les modèles touchés incluraient notamment le Toyota Land Cruiser et plusieurs VUS destinés à la région. Toyota n’a toutefois pas confirmé l’information, indiquant qu’elle ne commente pas ses plans de production.

Les constructeurs chinois aussi très exposés

L’analyse souligne également les risques pour les constructeurs chinois, qui ont massivement accéléré leurs exportations ces dernières années. La Chine est devenue le plus grand exportateur automobile au monde, dépassant le Japon. Les marchés émergents et les régions jugées plus risquées par les marques occidentales représentent souvent les principales destinations des exportations chinoises. Le Moyen-Orient est devenu un marché particulièrement important avec 17 % des exportations chinoises de voitures particulières en 2025 et environ 500 000 véhicules expédiés dans la région.

Le risque majeur : une chute mondiale des ventes automobiles

Selon Bernstein, le scénario le plus inquiétant reste une guerre prolongée, qui ferait grimper durablement les prix du pétrole et affaiblirait la confiance économique mondiale. Dans ce contexte, la conséquence la plus probable serait une chute des ventes automobiles bien au-delà du Moyen-Orient. Comme le résume l’analyse. « Le risque le plus important est qu’un conflit prolongé fasse grimper les prix du pétrole et mine la confiance économique mondiale, provoquant une chute des ventes automobiles bien au-delà du Golfe. »

Avec des renseignements d’Automotive News

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