Comment le conflit avec l’Iran pourrait ébranler l’industrie automobile mondiale
L’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué une flambée immédiate des prix du pétrole et ravivé les craintes d’un nouveau choc pour l’industrie automobile. Déjà fragilisée par les tarifs douaniers, l’inflation et les tensions logistiques, elle pourrait devoir encaisser un autre coup dur si l’instabilité persiste au Moyen-Orient.
Le détroit d’Ormuz
Au cœur des inquiétudes : le détroit d’Ormuz. Près de 20 millions de barils de pétrole brut y transitent chaque jour, en plus d’importants volumes de gaz naturel liquéfié, d’aluminium, d’acier et de plastiques industriels (éthylène, polyéthylène, polypropylène). Depuis le début de l’offensive militaire le 28 février, le transport maritime dans la zone est pratiquement paralysé. Plusieurs transporteurs de conteneurs ont suspendu leurs opérations. Une fermeture prolongée perturberait lourdement les chaînes d’approvisionnement automobiles, notamment entre l’Asie et l’Europe — deux axes essentiels pour les semi-conducteurs, les matériaux de batteries et les composants électroniques.
Le pétrole flambe, l’automobile retient son souffle
Hier, le baril a bondi de près de 7 %, franchissant brièvement les 82 $ US avant de redescendre autour de 78 $. Certains analystes évoquent un scénario à plus de 100 $ US si le conflit s’enlise.
À court terme, les prix à la pompe demeurent relativement stables, mais l’histoire nous a appris que l’effet retard est souvent brutal. Une hausse durable du brut signifie des coûts de production plus élevés, un transport plus dispendieux, une pression accrue sur les fournisseurs et unrisque de ralentissement des ventes. Ironiquement, cette pression survient alors que plusieurs constructeurs réinvestissent dans les modèles à essence, après un ralentissement de la demande pour les véhicules électriques.
Les constructeurs les plus exposés
Selon un rapport de la firme Bernstein, les ventes au Moyen-Orient pourraient être affectées en priorité. Le constructeur chinois Chery est le plus exposé (12 % de ses ventes mondiales), suivi de SAIC Motor (11 %) et Great Wall Motor (6 %).Du côté des grands groupes mondiaux, la prudence domine. Magna International évalue encore l’impact potentiel. Volkswagen se dit préoccupé, tout en affirmant ne voir aucun effet immédiat sur sa production et n’avoir aucune activité commerciale en Iran. Volvo Cars indique également ne subir aucune perturbation pour le moment.
Un risque d’inflation et de récession
Au-delà de la logistique, c’est l’effet macroéconomique qui inquiète le plus. Une flambée durable du pétrole alimenterait l’inflation, déjà accentuée par les tarifs douaniers et les coûts de transition technologique.
L’industrie automobile nord-américaine fait déjà face à un problème d’accessibilité chronique. Toute hausse supplémentaire des coûts de production pourrait être refilée au consommateur, ce qui freinerait encore davantage la demande.
À plus long terme, un conflit prolongé pourrait geler les investissements des entreprises et entraîner un ralentissement économique, voire une récession. L’automobile, secteur cyclique par excellence, serait alors parmi les premiers touchés.
Une crise de plus dans un secteur sous tension
Après la pandémie, la crise des semi-conducteurs, les tensions commerciales et la transition énergétique, l’industrie automobile pourrait devoir composer avec un nouveau choc géopolitique majeur.
Pour l’instant, les usines tournent. Mais si le conflit s’étend vers la mer Rouge ou le canal de Suez, ou si la production pétrolière régionale est perturbée, les conséquences pourraient être rapides et sévères.
Dans un contexte où les marges sont sous pression et où les consommateurs sont déjà fragilisés par le coût de la vie, le moindre baril supplémentaire à 100 $ US pourrait devenir le catalyseur d’un nouveau ralentissement mondial.
Avec des renseignements d’Automotive News
Le texte Comment le conflit avec l’Iran pourrait ébranler l’industrie automobile mondiale provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
Autres articles de Benoit Charette:
Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs





