Ferrari et BMW tournent le dos au cuivre pour aller vers l’aluminium

L’industrie automobile est en train de vivre une petite révolution silencieuse. Après Tesla et plusieurs fabricants chinois de véhicules électriques, Ferrari et BMW adoptent à leur tour le câblage en aluminium dans leurs nouveaux modèles. Cette transition, motivée autant par les coûts que par la réduction du poids des véhicules, pourrait modifier en profondeur la consommation mondiale de cuivre au cours des prochaines années.Alors que le cuivre demeure la référence pour le transport de l’électricité depuis plus de deux siècles, la hausse spectaculaire de son prix pousse de plus en plus de constructeurs à envisager des solutions alternatives.

Le cuivre devient un luxe industriel

Le prix du cuivre a atteint des sommets historiques au début de 2025, frôlant les 15 000 $ US la tonne métrique. À titre comparatif, l’aluminium se négocie actuellement autour de 3 100 $ US la tonne, soit environ quatre fois moins cher. Cette situation s’explique par une demande mondiale en forte croissance provenant notamment des véhicules électriques, des infrastructures énergétiques et des centres de données alimentant l’intelligence artificielle. Selon les analystes de JPMorgan, les déficits d’approvisionnement devraient persister pendant plus d’une décennie, maintenant une pression importante sur les prix du cuivre.

Ferrari mise sur la légèreté

Chez Ferrari, la transition a déjà commencé. Le constructeur de Maranello utilise depuis 2025 des câbles d’alimentation en aluminium dans sa sportive hybride Ferrari 296. La technologie a ensuite été étendue à d’autres modèles, notamment à la nouvelle Ferrari Luce, le premier véhicule entièrement électrique de la marque. Selon Ferrari, l’utilisation de l’aluminium permet de réduire jusqu’à 20 % le poids total du faisceau électrique. Un avantage non négligeable pour une marque dont chaque kilogramme compte lorsqu’il s’agit d’améliorer les performances. Officiellement, Ferrari affirme que son choix repose principalement sur les gains techniques plutôt que sur les économies réalisées. Il n’en demeure pas moins que la différence de coût entre les deux métaux représente un argument difficile à ignorer.

BMW utilise l’aluminium depuis plus d’une décennie

BMW n’en est pas à ses premiers essais avec l’aluminium. Le constructeur bavarois a commencé à utiliser des conducteurs en aluminium dès 2011 dans la Série 1. Depuis, la technologie a progressivement été étendue aux modèles hybrides et électriques. La plus récente génération de la technologie eDrive de BMW intègre désormais un grand nombre de câbles en aluminium dans les systèmes haute et basse tension. L’objectif est double : réduire le poids des véhicules et limiter l’impact des fluctuations du marché des matières premières.

Stellantis, Tesla et les constructeurs chinois suivent la même voie

La tendance ne se limite pas aux constructeurs haut de gamme. Selon plusieurs sources de l’industrie, Stellantis a également commencé à remplacer certains câblages en cuivre par de l’aluminium. Du côté des véhicules électriques, Tesla fait figure de précurseur. Le constructeur avait déjà introduit massivement l’aluminium dans le câblage du Tesla Model Y dès 2019, avant de poursuivre cette stratégie avec le Tesla Cybertruck. En Chine, plusieurs fabricants comme AVATR, XPeng et Xiaomi ont également adopté cette technologie. Pour les constructeurs de véhicules électriques, l’équation est simple : moins de poids signifie davantage d’autonomie, tandis qu’un coût de production réduit aide à préserver des marges déjà très minces dans un marché extrêmement concurrentiel.

La Chine accélère la transition

Le gouvernement chinois pousse activement l’industrie à réduire sa dépendance au cuivre. Un document de politique industrielle publié en mars 2025 encourage explicitement les entreprises à substituer l’aluminium au cuivre dans plusieurs secteurs, notamment l’automobile, l’énergie et les électroménagers. Les experts du cabinet Zhuochuang estiment qu’entre 25 % et 30 % des composantes actuellement fabriquées en cuivre pourraient être converties à l’aluminium d’ici 2030 dans ces industries. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser l’approvisionnement en matières premières critiques tout en réduisant les coûts de fabrication.

Des avantages, mais aussi des limites

L’aluminium n’est toutefois pas une solution parfaite. Bien qu’il soit beaucoup plus léger et nettement moins coûteux, il demeure moins conducteur que le cuivre. Pour transporter une quantité équivalente d’électricité, il faut donc utiliser davantage de matériau. Sa production exige également une quantité importante d’énergie, ce qui soulève des questions environnementales dans certaines régions où l’électricité provient encore largement de combustibles fossiles. À cela s’ajoutent les incertitudes entourant les politiques commerciales américaines et les droits de douane qui pourraient influencer les choix des manufacturiers.

Une transformation qui ne fait que commencer

Malgré ces défis, les analystes de JPMorgan estiment que l’aluminium pourrait remplacer jusqu’à 6 % de la demande mondiale annuelle de cuivre d’ici 2030, contre environ 2 % aujourd’hui. Ce chiffre peut sembler modeste, mais dans une industrie qui consomme des millions de tonnes de métaux chaque année, il représente un changement majeur. Pour les constructeurs automobiles, la décision repose désormais sur un équilibre entre coût, performance, poids et disponibilité des matériaux. Une chose est certaine : à mesure que le cuivre devient plus rare et plus cher, l’aluminium s’impose progressivement comme un acteur incontournable de la mobilité électrique.

Avec des renseignements d’Automotive News

Le texte Ferrari et BMW tournent le dos au cuivre pour aller vers l’aluminium provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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