Toyota abandonne la Lexus LF-ZC
Toyota vient de mettre fin à l’un de ses projets les plus ambitieux dans le domaine des véhicules électriques. Le constructeur japonais a confirmé l’annulation de la Lexus LF-ZC, une berline électrique de nouvelle génération qui devait servir de porte-étendard à l’offensive électrique de la marque de luxe. Présentée sous forme de concept au Salon Japan Mobility Show de 2023, la LF-ZC (Lexus Future Zero-emission Catalyst) devait inaugurer une toute nouvelle famille de véhicules électriques reposant sur une plateforme dédiée et introduire des technologies de production révolutionnaires comme le gigacasting, l’assemblage modulaire automatisé et des usines hautement robotisées. Selon Toyota, la décision a été prise en raison des fluctuations de la demande mondiale pour les véhicules électriques ainsi que des contraintes liées au développement et à la production.
Un virage stratégique qui dépasse Toyota
L’abandon de la LF-ZC n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, les constructeurs japonais réévaluent leurs ambitions électriques. Honda, Mazda et Subaru ont tous reporté ou annulé certains projets liés aux véhicules électriques. À l’échelle mondiale, des groupes comme General Motors, Ford et Stellantis ont également revu leurs plans à la baisse devant une croissance des ventes moins rapide qu’anticipée. La disparition progressive de plusieurs programmes d’incitatifs gouvernementaux, particulièrement aux États-Unis, a refroidi l’enthousiasme de nombreux constructeurs qui misaient sur une adoption accélérée des véhicules électriques.
Lexus privilégie désormais la flexibilité
L’annulation de la LF-ZC survient quelques semaines seulement après le dévoilement du nouveau VUS Lexus TZ à trois rangées de sièges. Contrairement à la LF-ZC, le TZ repose sur la plateforme TNGA-K déjà utilisée par plusieurs modèles Toyota et Lexus, notamment les Camry et Highlander. Cette approche permet de réduire considérablement les coûts de développement tout en offrant la possibilité d’intégrer éventuellement une motorisation hybride si le marché l’exige. Cette stratégie reflète la philosophie actuelle de Toyota : conserver une grande flexibilité technologique plutôt que de miser exclusivement sur les véhicules électriques à batterie.
Toyota n’abandonne pas les véhicules électriques
Malgré cette décision, Toyota insiste sur le fait qu’il ne renonce pas à son développement électrique. Le constructeur affirme que les technologies développées pour la LF-ZC seront réutilisées dans d’autres projets futurs. Les travaux réalisés sur les procédés de fabrication, les logiciels et les architectures électriques serviront notamment à accélérer le développement de la prochaine génération de véhicules à batterie. « L’annulation de ce projet spécifique ne signifie pas que nous abandonnons les véhicules électriques de nouvelle génération », a indiqué un porte-parole de Toyota.
Des objectifs qui paraissent aujourd’hui irréalistes
Lorsque Koji Sato est devenu président-directeur général de Toyota en 2023, il avait instauré une nouvelle philosophie baptisée « BEV First », visant à accélérer considérablement l’électrification du groupe. À l’époque, Toyota prévoyait vendre 3,5 millions de véhicules électriques par année à l’échelle mondiale d’ici 2030, tandis que Lexus ambitionnait à elle seule d’écouler un million de véhicules électriques annuellement avant de devenir une marque 100 % électrique en 2035. Trois ans plus tard, la réalité est bien différente. Au cours de l’exercice financier terminé le 31 mars dernier, Toyota et Lexus ont vendu seulement 188 785 véhicules électriques dans le monde, une hausse de 31 % mais qui représente à peine 1,8 % des ventes mondiales du groupe, lesquelles ont totalisé 10,48 millions d’unités.
Le nouveau patron impose une discipline financière
L’annulation de la LF-ZC intervient également peu après la nomination de Kenta Kon à la tête de Lexus. Reconnu pour son approche rigoureuse de la rentabilité, le nouveau dirigeant souhaite simplifier la gamme de produits et améliorer les performances financières de la marque. Cette réorientation survient alors que Toyota a enregistré une perte opérationnelle régionale en Amérique du Nord lors du dernier exercice financier. Dans ce contexte, les projets les plus coûteux et les plus risqués semblent désormais soumis à un examen beaucoup plus sévère.
Une gamme électrique qui continue malgré tout de s’élargir
Même si la LF-ZC disparaît, Toyota poursuit l’expansion de son offre électrique. En Amérique du Nord, la gamme entièrement électrique compte désormais six modèles avec l’arrivée des nouveaux Toyota bZ Woodland, C-HR et Highlander électriques, ainsi que de la nouvelle Lexus ES électrique. Ces modèles viennent rejoindre les Toyota bZ et Lexus RZ déjà commercialisés. Le Lexus TZ devrait quant à lui arriver sur le marché en 2027.
Une décision qui pourrait finalement donner raison à Toyota
Pendant des années, Toyota a été critiqué pour son approche prudente face aux véhicules électriques. Plusieurs analystes et investisseurs reprochaient au constructeur d’avancer trop lentement comparativement à Tesla ou aux constructeurs chinois. Aujourd’hui, alors que plusieurs concurrents réduisent leurs investissements et révisent leurs objectifs à la baisse, la stratégie multiénergie de Toyota semble gagner en crédibilité. L’abandon de la LF-ZC illustre parfaitement cette nouvelle réalité : le marché mondial des véhicules électriques continue de progresser, mais beaucoup moins rapidement que ce que l’industrie prévoyait il y a seulement quelques années. Toyota préfère désormais privilégier la rentabilité et la flexibilité plutôt que de poursuivre coûte que coûte des objectifs qui apparaissent de plus en plus difficiles à atteindre.
Avec des renseignements d’Automotive News
Le texte Toyota abandonne la Lexus LF-ZC provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
Autres articles de Benoit Charette:
Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs