Près d’un immigrant sur deux échoue désormais à l’examen de conduite au Québec

Le Québec serre la vis aux nouveaux arrivants derrière le volant. Depuis l’entrée en vigueur de nouvelles règles le 5 juin 2025, près de la moitié des immigrants ayant demandé la reconnaissance de leur permis étranger ont échoué à l’examen pratique de conduite imposé par la Société de l’assurance automobile du Québec. Entre juin 2025 et le 26 février 2026, quelque 33 148 candidats n’ont pas réussi à démontrer des compétences suffisantes pour obtenir un permis de conduire complet québécois. Cela représente 49 % des 69 052 demandes analysées durant cette période. Le taux d’échec dépasse même de 21 % les prévisions initiales de la SAAQ.

Fini le temps où l’on pouvait conduire malgré les échecs

Jusqu’à récemment, le Québec figurait parmi les provinces canadiennes les plus permissives en matière de reconnaissance des permis étrangers. Les nouveaux immigrants disposaient d’une période de grâce de 180 jours pour échanger leur permis de conduire, à condition que celui-ci soit valide depuis au moins un an. Surtout, ils pouvaient continuer à conduire seuls pendant cette période même après plusieurs échecs à l’examen pratique. Depuis juin 2025, ce n’est plus le cas. Désormais, les conducteurs provenant de pays sans entente de réciprocité qui échouent à l’examen pratique doivent obtenir un permis d’apprenti conducteur, exactement comme un nouveau conducteur québécois. Résultat : ils ne peuvent plus conduire seuls légalement.

Des restrictions importantes

Le permis d’apprenti impose plusieurs contraintes :

  • tolérance zéro pour l’alcool au volant;
  • interdiction de conduire entre minuit et 5 h;
  • limite maximale de quatre points d’inaptitude;
  • obligation d’être accompagné par un moniteur ou un conducteur possédant un permis québécois depuis au moins deux ans.

Les candidats peuvent reprendre l’examen pratique autant de fois que nécessaire, mais un délai minimal de 28 jours est exigé entre chaque tentative.

Quels pays sont touchés?

Les nouvelles règles concernent essentiellement les pays qui n’ont pas d’entente de réciprocité avec le Québec. Les détenteurs de permis provenant des États-Unis, de plusieurs pays européens — dont la France, l’Allemagne, la Suisse et le Royaume-Uni — ainsi que du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan peuvent toujours échanger leur permis sans examen pratique ni théorique. Tous les autres doivent désormais passer les tests québécois.

Plus d’accidents chez certains nouveaux conducteurs

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec justifie ce durcissement par des enjeux de sécurité routière. Selon une étude de la SAAQ publiée en 2023, les conducteurs provenant de pays sans entente de réciprocité étaient impliqués dans près de 50 % plus d’accidents que les conducteurs canadiens. Leur fréquence d’accidents atteignait 3,94 collisions par tranche de 1 000 conducteurs, comparativement à 2,79 chez les automobilistes titulaires d’un permis canadien. Autre donnée révélatrice : environ 40 % des détenteurs de permis étrangers échouaient déjà à l’examen pratique québécois avant même le resserrement des règles. Chez les conducteurs québécois, le taux d’échec tourne autour de 20 %.

Une pression énorme sur le système

Depuis le début de 2023, plus de 400 000 immigrants ont demandé la reconnaissance de leur expérience de conduite au Québec. Cette hausse massive des demandes a forcé Québec à revoir son approche afin d’éviter que des conducteurs peu familiers avec les réalités routières québécoises prennent le volant sans supervision. Car conduire au Québec exige souvent une adaptation importante : conditions hivernales difficiles, chaussées dégradées, cônes orange omniprésents et circulation dense dans des secteurs comme Montréal compliquent déjà la vie des automobilistes locaux… imaginez pour quelqu’un qui découvre en même temps les règles nord-américaines.

Une autre réduction de la période de grâce possible

La SAAQ indique qu’il est encore trop tôt pour mesurer les effets des nouvelles règles sur le bilan routier. Mais si les statistiques d’accidents ne s’améliorent pas suffisamment, Québec pourrait aller encore plus loin et réduire la période de grâce de six mois à seulement trois mois, comme c’est déjà le cas dans plusieurs provinces canadiennes.

Un problème inattendu : SAAQCliq inaccessible à l’étranger

Ironiquement, plusieurs outils de préparation en ligne offerts par la SAAQ demeurent difficiles d’accès pour les futurs immigrants vivant encore à l’étranger. Les vidéos éducatives, questionnaires et guides de préparation disponibles sur SAAQCliq seraient actuellement bloqués à l’extérieur du Canada sans recours à un VPN. Une situation plutôt paradoxale au moment où Québec exige justement une meilleure préparation des nouveaux conducteurs avant leur arrivée sur les routes de la province.

Avec des renseignements de Driving.ca

Le texte Près d’un immigrant sur deux échoue désormais à l’examen de conduite au Québec provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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