Stellantis renoue avec les profits

Après une année 2025 mouvementée, Stellantis revient avec une nouvelle qui fait du bien à ses investisseurs : un bénéfice net de 377 millions d’euros au premier trimestre 2026. Un contraste frappant avec la perte de 387 millions enregistrée un an plus tôt. Derrière ce revirement, un facteur clé : la vigueur du marché nord-américain, porté par les marques Jeep et Ram, qui continuent de générer des marges solides — un classique dans l’industrie.

Le plan Filosa commence à porter ses fruits

Le nouveau patron, Antonio Filosa, imprime déjà sa marque. Sa stratégie est limpide : revenir à une croissance rentable et durable. Et pour y arriver, Stellantis a opéré plusieurs virages importants :

  • Réduction des ambitions 100 % électriques
  • Introduction accélérée de modèles hybrides
  • Ajustement agressif des prix pour regagner des parts de marché
  • Amélioration de la qualité produit

Un repositionnement pragmatique, qui reflète une réalité que plusieurs constructeurs affrontent actuellement.

Des ventes en hausse, surtout en Amérique du Nord

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Expéditions mondiales : +12 %
  • Amérique du Nord : +17 %
  • Ventes en Amérique du Nord : +6 %
  • Europe : +5 %

Les nouveaux modèles lancés en 2025 semblent avoir trouvé leur public, et Stellantis promet déjà 10 nouveautés pour 2026 afin de maintenir l’élan.

Une rentabilité en progrès

Le bénéfice opérationnel ajusté (EBIT) atteint 960 millions d’euros — presque trois fois plus que l’an dernier. Une performance qui dépasse largement les attentes des analystes. Mais attention : une partie de cette amélioration repose sur un élément externe. Une décision de la Cour suprême des États-Unis concernant les tarifs douaniers a permis à Stellantis d’anticiper un remboursement d’environ 400 millions d’euros. Un coup de pouce non négligeable… mais non récurrent.

Des marchés financiers sceptiques

Malgré ces résultats positifs, la réaction des marchés a été brutale : le titre Stellantis a chuté jusqu’à 10 % à la Bourse de Milan. Pourquoi ? Principalement en raison de flux de trésorerie toujours négatifs (-1,9 milliard d’euros) et de doutes sur la solidité du redressement, surtout en Amérique du Nord. Certains analystes pointent aussi une communication floue et des résultats gonflés par des éléments ponctuels.

Des performances régionales contrastées

Amérique du Nord : retour fragile

La région redevient rentable avec 263 millions d’euros de bénéfice opérationnel. Mais sans l’effet des remboursements de tarifs, elle serait restée dans le rouge.

Europe : sous pression

Avec seulement 8 millions d’euros de profit, l’Europe souffre. Stellantis a dû baisser ses prix et augmenter les incitatifs, notamment en France, ce qui pèse sur les marges.

Amérique du Sud et Afrique : les surprises

Ces régions affichent les meilleures marges :

  • Amérique du Sud : 11 %
  • Moyen-Orient/Afrique : 12 %

Une démonstration que la rentabilité ne dépend pas uniquement du volume.

Conclusion

Le redressement de Stellantis est réel, mais encore fragile. La dépendance aux camionnettes et VUS nord-américains reste élevée — une stratégie payante à court terme, mais risquée si le marché ralentit. Le virage vers l’hybride est, à mon avis, une décision sensée. L’abandon partiel de l’électrique pur montre que Stellantis ajuste le tir plus vite que certains concurrents. Mais le vrai test viendra en 2027 : lorsque les effets ponctuels (comme les remboursements de tarifs) disparaîtront et que la nouvelle gamme devra prouver sa rentabilité sur le long terme.

Avec des renseignements d’Automotive News

Le texte Stellantis renoue avec les profits provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

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