Les espions sur quatre roues s’en viennent!

Les voitures électriques chinoises préparent leur entrée au Canada. Leurs prix défient toute compétition. Ces véhicules offrent aussi une technologie de pointe. Cette aubaine cachera-t-elle un coût invisible du côté des données personnelles?

En tout cas, l’enjeu concerne notre vie privée et il inquiète à juste titre le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada. Il a lancé un cri d’alarme il y a quelques jours. Philippe Dufresne regarde cette situation avec beaucoup de sérieux et constate la très grande vulnérabilité des conducteurs d’ici… et des règles canadiennes du secteur automobile.

Nos lois actuelles offrent une protection bien trop faible au public. Un véhicule d’une marque chinoise pourrait analyser nos déplacements quotidiens. Ces données se retrouveraient sur des serveurs à l’autre bout du monde. Le risque d’espionnage industriel ou gouvernemental deviendrait une menace concrète, dit le commissaire.

Il demande donc à Ottawa de réagir avec rapidité. Le commissaire Dufresne réclame l’adoption immédiate du projet de loi C-27. Ce projet de loi modernisera nos règles de protection des données commerciales.

Là-dessus, le gouvernement fédéral peut s’inspirer des États-Unis. qui ont choisi une méthode très agressive. L’administration américaine enquête activement sur les risques de sécurité nationale et envisage le blocage complet de ces technologies étrangères.

Après tout, une voiture moderne observe son environnement en permanence. Ses multiples caméras filment nos rues et nos quartiers. Ses capteurs enregistrent nos habitudes précises de conduite. Les microphones captent nos conversations dans l’habitacle.

Le problème s’aggrave avec nos téléphones. L’appareil intelligent du conducteur se connecte au système du véhicule. La voiture copie alors les contacts, les messages et les destinations. L’industrie automobile nomme cela l’expérience utilisateur.

Des sociétés comme Temu et TikTok, pour vous donner deux exemples, appellent ça des données commerciales, qu’elles peuvent revendre à des tiers sans trop qu’on sache ce qui se passera ensuite.

Là-dessus, les lois chinoises diffèrent des règles canadiennes. Le gouvernement de Pékin possède des pouvoirs d’intervention immenses et peut exiger l’accès aux serveurs de ses entreprises nationales. Y compris les constructeurs. Y compris Temu et TikTok, d’ailleurs.

Les experts en sécurité voient donc dans tout ça un danger majeur. L’arrivée imminente de constructeurs chinois soulève une question cruciale. Qui contrôle vraiment toute cette information intime? La réponse inquiète au plus haut point les autorités canadiennes.

La bataille automobile ne se jouera pas seulement avec les prix. Elle se jouera surtout sur le contrôle de nos vies numériques.

 

Le texte Les espions sur quatre roues s’en viennent! provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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