Un mois de janvier en recul pour les VÉ au Canada
Le début de l’année n’a rien eu de rassurant pour le marché des véhicules zéro émission au Canada. Dans un climat d’incertitude et de transition, les chiffres publiés par Statistique Canada dressent un constat clair : l’élan s’essouffle. En janvier, seulement 8 826 véhicules électriques et hybrides rechargeables ont trouvé preneur à travers le pays. Cela représente 7,7 % des ventes mensuelles totales, établies à 114 415 unités. Plus inquiétant encore, il s’agit d’une chute de près de 40 % par rapport à janvier de l’année précédente — une baisse brutale qui confirme une tendance amorcée depuis plusieurs mois.
Une année complète de recul
Depuis février 2025, chaque mois a affiché un recul des ventes de véhicules zéro émission comparativement à l’année précédente. Une dynamique inhabituelle dans un marché qui, jusque-là, ne cessait de progresser. En cause : une refonte rapide — et parfois chaotique — des incitatifs gouvernementaux. Le programme fédéral iVZE (Incitatifs pour les véhicules zéro émission) a soudainement manqué de fonds en janvier 2025, laissant un vide immédiat dans l’équation financière des acheteurs. Du côté provincial, la situation n’a guère aidé. Plusieurs administrations ont soit mis fin à leurs programmes, soit réduit considérablement les montants offerts. Au Québec, longtemps chef de file canadien en matière d’électrification, les rabais ont été ramenés de 7 000 $ à 4 000 $ au début de 2025, puis plafonnés à 2 000 $ pour 2026.
Résultat : un refroidissement quasi instantané de la demande, particulièrement dans les segments sensibles au prix.
Ottawa prépare sa riposte
Mais le creux observé pourrait bien marquer un point tournant. Conscient de l’impact direct des incitatifs sur les ventes, Ottawa a relancé l’offensive. Depuis février, un nouveau programme fédéral est en place, offrant jusqu’à 5 000 $ de rabais à l’achat d’un véhicule zéro émission en 2026. Le montant diminuera progressivement jusqu’en 2030, une stratégie visant à soutenir la transition tout en préparant le marché à une autonomie sans subventions.
Les consommateurs peuvent en bénéficier depuis le 16 février, et déjà, les acteurs de l’industrie anticipent un retour de la croissance dès cette année.
Une relance inévitable, mais fragile
Sur le fond, le marché canadien des VÉ reste structurellement solide. L’offre de produits s’élargit, les infrastructures progressent, et les constructeurs continuent d’investir massivement. Mais cet épisode rappelle une réalité bien connue dans l’industrie automobile : la demande pour les véhicules électriques demeure étroitement liée aux incitatifs financiers. Sans soutien, même temporaire, la progression peut rapidement s’inverser. La relance attendue en 2026 dépendra donc moins de l’enthousiasme des consommateurs que de la stabilité des politiques publiques — un facteur désormais aussi déterminant que l’autonomie ou le prix d’achat.
Avec des renseignements d’Automotive News
Le texte Un mois de janvier en recul pour les VÉ au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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