Nissan anticipe une perte de près de 5,7 milliards $ CA
Le constructeur japonais prévoit encaisser une perte nette colossale d’environ 650 milliards de yens (≈ 5,7 milliards $ CA) pour son exercice financier se terminant en mars, conséquence directe de ventes anémiques et d’un environnement commercial de plus en plus hostile. Cette perte représente le double des prévisions des analystes sondés par Bloomberg — un signal clair que la situation demeure fragile pour l’un des piliers historiques de l’automobile japonaise.
Une restructuration plus rapide que prévu
Malgré cette perte nette, Nissan a revu fortement à la baisse sa projection de perte d’exploitation annuelle, désormais estimée à 60 milliards de yens (≈ 525 millions $ CA). C’est nettement mieux que les 275 milliards de yens (≈ 2,4 milliards $ CA) anticipés à la fin octobre, grâce à l’accélération des mesures de restructuration. Le constructeur prévoit néanmoins une baisse de revenus de 5,8 %, pour atteindre environ 11,9 billions de yens (≈ 104 milliards $ CA).
Pression tarifaire et marché nord-américain difficile
Le groupe subit une pression intense sur ses ventes, aggravée par la hausse des tarifs américains imposés sous l’administration de Donald Trump. Les autorités commerciales ont finalement conclu un accord ramenant les droits de douane sur les produits japonais à 15 %, contre une menace initiale de 25 %. Les voitures japonaises avaient même été taxées jusqu’à 27,5 %, avant que la réduction n’entre en vigueur à la mi-septembre.
Parmi les grands constructeurs japonais, Nissan était considéré par plusieurs analystes comme le plus vulnérable à ces mesures.
Un passé récent mouvementé
Les difficultés actuelles s’ajoutent à une série de turbulences, notamment l’arrestation spectaculaire en 2018 de l’ex-PDG Carlos Ghosn, qui a ensuite fui le Japon caché dans une caisse d’équipement audio. Une fusion avec Honda avait été envisagée comme planche de salut, mais les discussions ont échoué lorsque Honda a proposé de faire de Nissan une filiale.
Fermetures d’usines et suppressions d’emplois
Nissan compte réduire son empreinte industrielle mondiale avec le passage de 17 à 10 usines d’ici mars 2028 et 20 000 suppressions de postes ciblées à l’échelle mondiale. Le constructeur affirme progresser grâce à la sous-traitance, à une meilleure utilisation des budgets marketing et à une gestion plus stricte des dépenses, ajoutant que le redimensionnement de la main-d’œuvre avance « de manière responsable ».
Des résultats trimestriels toujours sous pression
Le troisième trimestre (octobre à décembre) a été qualifié de « difficile » :
-
Revenus en baisse de 5 %, à 2,999 billions de yens (≈ 26,2 milliards $ CA)
-
Nouvelle perte nette de 28,3 milliards de yens (≈ 247 millions $ CA) — moins grave que prévu
Aux États-Unis, les ventes ont reculé de 3,7 % sur un an. À l’inverse, la Chine affiche une croissance de 12,7 %, stimulée par l’arrivée de nouveaux véhicules électriques.
Conclusion
Pour l’industrie automobile nord-américaine, le message est clair : Nissan entre dans une phase de transformation forcée. Les compressions d’usines et d’effectifs indiquent que le constructeur cherche avant tout à restaurer ses marges avant de relancer l’offensive produit. Le vrai enjeu sera la compétitivité à moyen terme. Dans un marché dominé par l’électrification et une guerre des prix croissante, réduire les coûts est nécessaire — mais insuffisant sans une gamme capable de générer du volume.
Avec des renseignements du Japan Times
Le texte Nissan anticipe une perte de près de 5,7 milliards $ CA provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
Autres articles de Benoit Charette:
Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs





