Stellantis Canada prête à importer ses propres VÉ chinois?
Quelques heures avant l’annonce par Ottawa d’un abandon partiel de la surtaxe sur les véhicules électriques chinois, le président de Stellantis Canada Trevor Longley se disait prêt à importer au pays des véhicules électriques bon marché comme ceux de sa coentreprise avec la chinoise Leapmotor.
«Tout ce que nous pouvons faire pour importer au Canada des véhicules plus abordables, nous sommes prêts à le faire», a déclaré par appel vidéo Trevor Longley. L’entrevue avait lieu jeudi dernier, au moment où le Salon de l’auto de Montréal ouvrait ses portes pour son édition 2026.
«Nous voyons des occasions potentielles au Canada pour certains de nos produits européens, des véhicules actuels et à venir», a ajouté le dirigeant de ce qui était connu, dans le passé, comme le groupe Chrysler. «Le Québec en particulier serait très intéressé par ces produits.»
Le lendemain matin, le premier ministre Mark Carney annonçait un déblocage des discussions avec le président chinois Xi Jinping qui mènent à l’abandon partiel de la surtaxe de 100% sur les véhicules électriques fabriqués en Chine vendus chez nous.
Selon l’entente, une taxe de 6,1% seulement sera appliquée sur les 49 000 premiers véhicules électriques fabriqués en Chine et vendus au Canada sous les 35 000 $. À Ottawa, on parle de «coentreprises» qui seront créées entre des constructeurs chinois et des entreprises déjà établies au Canada pour écouler ces nouveaux modèles.
Vers Leapmotor au Canada?
Or, Stellantis est déjà impliqué dans une telle coentreprise, avec la société chinoise Leapmotor. Les deux groupes produisent en Europe des modèles électriques comme la Leapmotor T03, une citadine de 70 chevaux et de 265 km par charge (selon les estimations du cycle européen), dont le prix de détail en Europe est d’environ 30 000 dollars.
Leamotor et Stellantis vendent aussi le C10, un petit VUS hybride branchable sont le prix de détail est un peu plus élevé, à 42 000 $. Celui-là ne correspond pas aux critères établis par Ottawa.
Mais le président de Stellantis Canada n’a pas fermé la porte à ce que le groupe dont le siège social est aux Pays-Bas produise au Canada des variantes américaines de ses véhicules électriques européens.
Ce sera «difficile» si les États-Unis «ne sont pas intéressés» dans les mêmes produits, «vu la différence dans les volumes» de ventes entre le marché canadien et le marché états-unien, a nuancé Trevor Longley, mais «ultimement, si ça peut intéresser d’autres marché américains, ça pourrait avoir du sens».
L’abordabilité importée au Canada
Malgré la guerre commerciale des États-Unis contre le monde, et son impact sur l’industrie automobile canadienne, Stellantis Canada veut bien importer au pays un thème cher aux président américain Donald Trump : celui de l’abordabilité.
Le groupe, qui a notablement boudé le courant d’électrification des dernières années dans l’industrie mondiale, compte se reprendre en adoptant la motorisation hybride. Hybride tout court, puisque le groupe a décidé d’abandonner sa motorisation hybride branchable 4xe, laquelle était vieillissante et de plus en plus dépassée.
«Les consommateurs canadiens sont pragmatiques», dit Trevor Longley. «Et on le voit dans les groupes d’accessoires qu’ils choisissent au moment d’acheter, qui sont plus d’entrée de gamme.»
Le dirigeant automobile se dit par ailleurs désolé de la situation de l’usine de Stellantis à Brampton, à l’arrêt depuis des mois. Aucune annonce n’est prévue pour une éventuelle relance de ses activités, mais le groupe automobile rappelle que son investissement au Canada a été soutenu ces dernières années, et qu’il est au pays depuis 100 ans.
«Et nous sommes très heureux de ce qui s’en vient pour les 100 prochaines», a ajouté Trevor Longley.
Le texte Stellantis Canada prête à importer ses propres VÉ chinois? provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
Autres articles de Benoit Charette:
Merci à notre partenaire Benoit Charette pour sa contribution à Canada Motor Jobs