BYD prépare 20 concessions au Canada
Dans les bureaux feutrés de BYD — acronyme de Build Your Dreams — on ne rêve plus, on planifie. Selon un récent rapport, le géant chinois de l’électrique prépare méthodiquement son entrée sur le marché canadien. Objectif : déployer jusqu’à 20 concessionnaires à travers le pays. Pour y parvenir, le constructeur a mandaté une firme ontarienne spécialisée dans le développement de réseaux de distribution automobile. Les premières implantations viseraient le Grand Toronto, avant de s’étendre vers Vancouver, Calgary et Montréal. Une stratégie classique, mais efficace : frapper d’abord les grands centres urbains électrifiés. Ce mouvement n’a rien d’un hasard. Depuis l’assouplissement des tarifs douaniers canadiens sur les véhicules électriques chinois — passés de 100 % à 6,1 % — l’arrivée massive de nouveaux joueurs devenait inévitable.
Une avance réglementaire stratégique
BYD ne se contente pas d’explorer le marché : il s’y prépare concrètement. L’entreprise est actuellement la seule marque chinoise de véhicules de tourisme à avoir inscrit ses installations de production auprès de Transport Canada, via le registre de préautorisation (Appendice G). Un passage obligé pour importer légalement des véhicules au pays — et surtout un indicateur clair que BYD est en pole position parmi ses rivaux chinois.
Le mirage des prix à 17 000 $
Pendant que BYD avance ses pions, une rumeur virale sème la confusion. Sur Facebook, une prétendue liste de prix pour les modèles 2026 au Canada circule, affichant notamment une BYD Dolphin à 17 600 $ CAD. Soyons clairs : ça ne tient pas la route. Même sur des marchés comparables comme l’Australie, la Dolphin se vend autour de 28 000 $ CAD. Imaginer un prix d’entrée à 17 000 $ au Canada relève davantage du fantasme — ou d’un contenu généré artificiellement — que d’une stratégie commerciale réaliste. Quant au VUS Sealion 7 affiché à 40 000 $, même verdict : trop beau pour être vrai dans le contexte actuel des coûts, des normes et de la logistique nord-américaine.
Une offensive chinoise coordonnée
BYD n’est pas seul dans cette avancée. Chery Automobile évalue lui aussi la possibilité d’implanter un réseau de concessionnaires indépendants au Canada. De son côté, Geely joue une carte différente. Déjà bien implanté via Volvo, Polestar et Lotus, le groupe pourrait utiliser son réseau existant pour introduire d’autres marques, dont Zeekr, dont le nom est désormais protégé au Canada. Deux approches, un même objectif : s’ancrer rapidement dans un marché encore jeune mais prometteur.
Une production locale… mais sous conditions
L’accord commercial entre Ottawa et Pékin prévoit une montée progressive des importations de VÉ chinois — plafonnée à 49 000 unités la première année, puis 70 000 d’ici 2030. En contrepartie, les constructeurs sont encouragés à produire localement via des partenariats. Mais cette condition ne fait pas l’unanimité. Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, a clairement rejeté l’idée d’une coentreprise. La marque privilégie un modèle à propriété totale pour toute éventuelle usine canadienne — une position qui pourrait compliquer les négociations avec Ottawa.
Quels modèles pour le Canada ?
Une question demeure entière : quels véhicules BYD proposera-t-il aux Canadiens ? Entre citadines abordables, VUS familiaux et modèles plus haut de gamme, le catalogue du constructeur est vaste. Mais son adaptation au marché nord-américain — en matière de normes, d’autonomie réelle et de perception de marque — sera déterminante. Une chose est certaine : l’arrivée de BYD et d’autres constructeurs chinois pourrait profondément redéfinir le rapport qualité-prix dans le segment électrique au Canada. Et ça, c’est une excellente nouvelle pour les consommateurs… à condition de séparer le rêve de la réalité.
Avec des renseignements de Driving.ca
Le texte BYD prépare 20 concessions au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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