BYD accusé de travail forcé au Brésil

Le constructeur chinois BYD vient de subir un revers majeur au Brésil. Les autorités locales ont inscrit l’entreprise sur un registre officiel regroupant les employeurs accusés d’avoir soumis des travailleurs à des conditions assimilables à de l’esclavage. Cette décision fait suite à un scandale survenu en 2024, impliquant des ouvriers chinois recrutés pour la construction de l’usine du groupe en Bahia. Pour BYD, il s’agit d’un coup dur dans son plus important marché à l’international après la Chine, alors que la marque multiplie les offensives dans le véhicule électrique.

Des conséquences financières et réputationnelles

Au-delà de l’impact sur l’image, cette inscription limite l’accès de BYD à certains financements auprès des banques brésiliennes. Un frein non négligeable dans un contexte où le constructeur accélère ses investissements industriels en Amérique latine. Toutefois, les opérations de son unique usine brésilienne ne sont pas directement affectées. Cette installation, inaugurée en grande pompe avec la présence du président Luiz Inácio Lula da Silva, symbolisait jusqu’ici le rapprochement économique entre le Brésil et la Chine.

Des conditions de travail jugées « dégradantes »

L’enquête menée par les autorités brésiliennes révèle des pratiques troublantes. Les travailleurs, recrutés par le sous-traitant Jinjiang Group, auraient dû remettre leur passeport à leur employeur, tandis qu’une grande partie de leur salaire était directement transférée en Chine. Le contrat prévoyait également un dépôt d’environ 900 dollars, récupérable seulement après six mois de travail — une pratique fortement contestée. Sur le terrain, les inspections ont mis en lumière des conditions de vie précaires : logements surpeuplés, absence de matelas et hygiène déficiente. Dans un cas documenté, 31 travailleurs partageaient une seule habitation avec une salle de bain unique, leurs effets personnels entassés au sol avec la nourriture.

Une responsabilité contestée

Le groupe Jinjiang nie les allégations, tandis que BYD affirme ne pas avoir été informé des abus avant leur révélation dans les médias brésiliens. Les autorités locales ne l’entendent pas de cette oreille. Selon elles, le constructeur demeure responsable des conditions de travail, notamment en raison de son obligation de supervision des sous-traitants.

Une affaire loin d’être close

Malgré la controverse, l’usine a repris ses activités et produit déjà plus de 25 000 véhicules. BYD avait tenté de limiter les dégâts en concluant un accord avec les procureurs du travail, mais pas avec les inspecteurs — une nuance importante dans le processus réglementaire brésilien. Les entreprises inscrites sur cette liste peuvent en être retirées après deux ans, à condition de démontrer des सुधारations concrètes ou via une décision judiciaire.

La prudence s’impose

D’un point de vue strictement automobile, cette affaire tombe au pire moment pour BYD. Le constructeur est en pleine offensive mondiale, notamment avec une gamme électrique compétitive qui menace directement les acteurs établis. Mais dans l’industrie actuelle, la réputation ESG (environnement, social, gouvernance) est devenue aussi stratégique que la technologie. Un scandale de cette nature peut ralentir des projets, compliquer les partenariats et même influencer les décisions d’achat, surtout sur des marchés sensibles comme l’Europe ou l’Amérique du Nord. BYD conserve un avantage technologique indéniable, mais cette crise rappelle une réalité : la croissance rapide doit s’accompagner d’un contrôle rigoureux de toute la chaîne industrielle.

Avec des renseignements de Reuters

Le texte BYD accusé de travail forcé au Brésil provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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