Achèteriez-vous une voiture ancienne accidentée ?
Lorsqu’on souhaite faire l’acquisition d’une voiture ancienne, différents scénarios s’offrent à nous. On peut opter pour un modèle déjà restauré ou d’origine et en excellente condition, un véhicule « clef en main », comme le dit l’expression.
On peut également s’offrir un véhicule qui a besoin de soins, légers ou importants, afin d’avoir le plaisir de lui redonner ses lettres de noblesse.
Une autre option est sur la table, soit un véhicule accidenté. Souvent, le prix d’acquisition peut être très alléchant. Pour une personne capable d’effectuer le travail, les avantages peuvent être nombreux. Même pour une personne qui décide de faire effectuer le boulot par des professionnels, si le modèle choisi a une très forte valeur sur le marché, là aussi, ça peut être intéressant.
Cependant, tout est là ; ça dépend du modèle et de son état.
Un cas d’espèce s’est présenté récemment sur le site eBay, alors qu’une Plymouth Satellite 1969 décapotable accidentée s’est retrouvée offerte au prix de 21 900 $ US. Ça demeure élevé, mais il faut considérer la rareté du modèle. En fait, on explique que seulement 818 exemplaires de cette voiture ont été fabriqués et qu’un nombre infiniment plus petit a reçu avant de sortir de l’usine un moteur V8 de 383 pouces cubes ET une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports.
En parfaite condition, la valeur de cette pièce peut s’élever de 55 000 $ US à 60 000 $ US. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Dans le cas qui nous intéresse, la seule façon de rentabiliser le tout est de faire le travail soi-même. Autrement, ça risque de coûter très cher.
Mais allons au-delà du modèle ici présenté. Ça pourrait être une Ford Mustang 1967, une camionnette Chevrolet 1965 ou encore un Chrysler LeBaron 1979. Qu’importe le modèle, il y a des questions à se poser au départ.
La première est l’étendue des dégâts. On doit s’assurer que la structure est intacte et que le modèle est réparable. Mais ce n’est pas tout. Pour faire le tour de la question de façon plus complète, nous avons contacté deux spécialistes de la restauration ancienne, soit Michel Poulin de R/T Restauration, ainsi qu’André Fitzback, de Fitzback Garage. Les sons de cloches reçus sont très intéressants.
Voici d’abord ce que Michel Poulin avait à dire concernant un projet de remise à neuf d’une voiture ancienne accidentée :
« C’est une bonne question. Je te dirais que ça se compare à une voiture accidentée. Ça dépend des dommages, mais il faut comprendre que tout se répare. Dans le cas d’une voiture ancienne, ça dépend de la marque, du modèle et de l’année pour la disponibilité des pièces. C’est ce qui fait toute la différence. Si c’est une Edsel 1958, il est certain que trouver un devant en bonne condition, c’est du sport. Si c’est une Camaro 1969, alors on commande tout dans le neuf. Par contre, ce ne sont pas toutes les voitures qui valent la peine d’être restaurées. Si l’auto a peu de valeur, il vaut mieux ne pas toucher à ça et acheter un modèle prêt à prendre la route. Les sentiments jouent souvent un rôle. »
Ensuite, Michel Poulin aborde LA question qui tue :
« La plus grande question, c’est de savoir qui va le faire. Ce n’est pas n’importe quel atelier de carrosserie qui peut réparer une auto comme ça. Il faut aussi trouver les personnes qualifiées et ça, bonne chance en 2026. Les passionnés de carrosserie qui aiment travailler sur des voitures anciennes sont de plus en plus rares. En résumé, c’est vraiment un pensez-y-bien. »
Le son de cloche est très similaire chez André Fitzback :
« Tout se répare, bien sûr, mais il faut voir le tout sous deux angles. D’abord, est-ce qu’il y a une émotion derrière l’intention ? Si oui, ça ne vaudra peut-être pas la peine sur le plan financier, mais la voiture va en valoir la peine pour le propriétaire. Ce n’est pas rationnel, mais dans l’univers de la voiture ancienne, il n’y a pas grand-chose de rationnel. En fait, généralement, ce côté prend le bord et les gens se lancent. »
Et concernant le modèle que l’on prend en exemple pour cet article, André Fitzback avait un point intéressant à apporter :
« Mis à part certains véhicules particuliers, il n’y a pas de voitures qui méritent d’être réparées après un accident d’un point de vue financier. C’est encore plus le cas ici avec un modèle qui n’était pas parfait au départ, ce qui signifie qu’en plus des réparations inhérentes à l’accident, il y a probablement d’autres travaux à faire. Une simple observation sous le capot nous fait réaliser que tout n’est pas d’origine, ce qui indique qu’il y a probablement des dépenses qui vont s’ajouter. »
Voilà de la matière à réflexion. Ce qu’on retient, c’est qu’il faut vraiment laisser les émotions de côté, ce qui est probablement la chose la plus difficile à faire.
Le texte Achèteriez-vous une voiture ancienne accidentée ? provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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