La fraude automobile recule au Canada
La fraude liée aux prêts automobiles au Canada a connu une baisse notable de 19,4 % au quatrième trimestre de 2025 par rapport à la même période en 2024, selon les plus récentes données d’Equifax Canada. Une amélioration qui pourrait laisser croire que l’industrie reprend le contrôle d’un problème coûteux. Malgré ce recul, le taux de fraude demeure à 0,25 %, soit environ une demande frauduleuse sur 400. Un niveau loin d’être négligeable dans un marché du financement automobile toujours très actif.
La montée inquiétante de la « fraude cachée »
Derrière ces chiffres en apparence rassurants se cache une réalité plus complexe. Selon Carl Davies, responsable de la fraude et de l’identité chez Equifax Canada, une part importante des pertes pourrait être mal identifiée. La hausse des défauts de paiement sur les prêts automobiles laisse croire qu’une « fraude cachée » passe sous le radar. Concrètement, certains dossiers classés comme simples pertes de crédit seraient en réalité des cas de fraude non détectés dès le départ. Cette situation s’explique notamment par la sophistication croissante des fraudeurs, capables de contourner les mécanismes traditionnels de vérification.
Des pertes qui se chiffrent en centaines de millions
Même avec un taux de fraude en baisse, les pertes financières restent considérables. Equifax estime que l’industrie encaisse encore des pertes annuelles de plusieurs centaines de millions de dollars. À titre d’exemple, le troisième trimestre à lui seul aurait généré environ 72 millions de dollars en pertes potentielles. Un rappel que la fraude automobile demeure un enjeu structurel, et non conjoncturel.
La fraude de première partie domine toujours
Le principal type de fraude observé demeure la fraude dite de première partie. Elle survient lorsque les consommateurs falsifient leurs propres informations financières pour obtenir un prêt — revenus gonflés, emploi fictif ou historique de crédit maquillé. Face à cette réalité, concessionnaires et institutions financières ont accéléré le déploiement d’outils de vérification des revenus au cours de la dernière année. Une évolution nécessaire, mais encore en phase d’implantation.
L’intelligence artificielle : arme à double tranchant
L’industrie automobile mise de plus en plus sur l’intelligence artificielle pour détecter les anomalies dans les demandes de crédit. Analyse de données, validation automatisée et détection de comportements suspects font désormais partie de l’arsenal des prêteurs. Mais les fraudeurs s’adaptent rapidement. Eux aussi utilisent des outils d’IA pour créer de faux profils crédibles et manipuler les systèmes. Résultat : une véritable course technologique entre prêteurs et criminels.
Les réseaux criminels et les identités synthétiques
La fraude de tierce partie, souvent liée au crime organisé, reste également préoccupante. Elle repose fréquemment sur l’utilisation d’identités fictives ou synthétiques — mélange de données réelles et inventées — pour obtenir du financement. Pour contrer cette menace, plusieurs acteurs du secteur déploient désormais des solutions de vérification biométrique et d’authentification avancée. L’objectif : s’assurer que l’acheteur est bien celui qu’il prétend être.
Un combat loin d’être gagné
Malgré les progrès, la lutte contre la fraude automobile demeure un chantier en évolution. Le délai entre l’octroi du prêt et la disparition du véhicule — parfois quelques jours seulement — illustre bien l’ampleur du défi. Dans un contexte où les défauts de paiement augmentent et où les fraudeurs gagnent en sophistication, l’amélioration des outils de détection sera déterminante pour protéger la rentabilité des prêteurs… et la stabilité du marché automobile canadien.
Avec des renseignements d’Automotive News Canada
Le texte La fraude automobile recule au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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