Nissan Sentra

Les berlines compactes survivent malgré tout à la domination féroce des VUS, mais à peine. Prise entre les Civic, Corolla et Elantra, la Nissan Sentra 2026 tente de conserver sa place au soleil. Au Canada, le constructeur mise beaucoup sur la déclinaison SR pour attirer une clientèle plus jeune. Mais les jeunes sont impitoyables, et ce qu’on comprend de leur réaction, c’est quelque chose comme «all show, but no go», si vous nous permettez un instant de reprendre cette populaire expression japonaise.

La Sentra SR a le plus beau look de toutes les Sentra. Elle a des jantes foncées, un petit aileron et des détails esthétiques qui suggèrent une forte sportivité. Disons que c’est une illusion visuelle, et qu’elle se dissipe dès qu’on prend la route.

Abordons d’abord la question financière, le nerf de la guerre dans l’automobile. Le prix de base de la Sentra est très bon. Il est sous la barre psychologique des 24 000 $. Si vous optez pour la version SR, la facture monte à environ 29 000 $. Ça demeure très compétitif. Ailleurs, la Honda Civic exige des sommes beaucoup plus élevées, ce qui donne un avantage indéniable à Nissan. Une autre confrontation, celle avec la Hyundai Elantra, s’avère beaucoup plus difficile.

La berline sud-coréenne offre un équipement technologique supérieur et un habitacle plus moderne pour un prix presque identique.

Sous le capot de la Sentra SR se trouve un quatre cylindres de 2 litres qui produit 149 chevaux. Sur papier, c’est une puissance qui semble adéquate pour la vie de tous les jours. Cela dit, son comportement général n’a absolument rien de sportif. Le coupable porte un nom très précis : la transmission à variation continue, ou CVT. Cette boîte de vitesses étouffe les ardeurs de la mécanique.

Sur une forte accélération pour une insertion sur l’autoroute, le moteur hurle à haut régime. Le bruit est envahissant, mais loin d’être grisant. La poussée, elle, se fait attendre.

La direction manque cruellement de précision et la suspension privilégie la souplesse au détriment de l’agilité. L’agrément de conduite d’une Honda Civic se trouve à des années-lumière.

On pourrait excuser ce manque d’enthousiasme sur la route si le véhicule affichait une belle frugalité à la pompe. Sa consommation d’essence se révèle décevante. Lors de notre essai, notre moyenne a refusé de descendre sous la barre des 8,4 litres aux 100 km en conduite très très mixte. Pour une compacte à boîte CVT, c’est un échec.

La concurrence fait beaucoup, beaucoup mieux. Même Mazda fait mieux.

Au moins, à bord, la Sentra offre des sièges confortables pour les longs trajets. Mais encore là, les concepteurs ont eu la très mauvaise idée de remplacer les bonnes vieilles molettes de climatisation par une large bande centrale lisse et tactile. C’est très peu commode à l’usage. Il faut quitter la route des yeux pour ajuster la température ou modifier la ventilation. Et on a opté pour un plastique noir lustré qui accumule la poussière et les traces de doigts à une vitesse folle.

Alors, voilà. La Nissan Sentra propose un design extérieur réussi et un prix de détail qui respecte le budget des premiers acheteurs. C’est un moyen de transport honnête pour se rendre du point A au point B. Mais ses lacunes mécaniques, sa soif d’essence inexpliquée et ses erreurs ergonomiques l’empêchent de se hisser au sommet de sa catégorie.

Un choix qui n’est ni tout à fait rationnel pour les gens sérieux, ni tout à fait émotionnel pour les amateurs de conduite automobile. All show, but no go…

 

 

 

Le texte Nissan Sentra provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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