Ottawa et la Corée du Sud discutent d’une production automobile au Canada
Le gouvernement fédéral canadien a signé un protocole d’entente avec la République de Corée qui inclut des discussions visant à attirer de la fabrication automobile au Canada. L’entente, non contraignante, prévoit une coopération industrielle accrue autour de la mobilité du futur, incluant le secteur automobile. L’entente a été signé à Ottawa par la ministre de l’Industrie Mélanie Joly et son homologue sud-coréen Jung-Kan Kim, à l’issue d’une rencontre officielle mardi.
Hyundai et les batteries dans la mire
Les discussions, encore à un stade préliminaire, portent sur la fabrication de véhicules, de pièces automobiles et de batteries, un enjeu stratégique pour le Canada dans sa transition électrique. Des représentants de Hyundai faisaient partie de la délégation sud-coréenne, aux côtés de Hanwha Ocean, candidat majeur au remplacement de la flotte canadienne de sous-marins. Selon plusieurs sources, ces échanges s’inscrivent dans la volonté de Séoul de renforcer ses liens industriels avec le Canada dans le cadre de cet important contrat de défense.
L’Ontario, terrain naturel pour un projet de véhicules électriques
Lors d’un forum automobile Canada–Corée tenu à Toronto, plusieurs dirigeants canadiens ont incité Hyundai à produire au Canada. Le président de l’Automotive Parts Manufacturers’ Association (APMA), Flavio Volpe, affirme avoir plaidé en faveur d’une usine de véhicules électriques en Ontario. Les constructeurs coréens détiennent environ 12 % du marché automobile canadien, une part en croissance constante et le Québec est le marché le plus important de Hyundai au Canada.
Défense et automobile : un levier politique
Volpe estime que le moment est idéal pour utiliser les investissements en défense afin de stimuler l’industrie automobile canadienne. La Corée du Sud et l’Allemagne sont les deux pays finalistes pour le contrat des sous-marins, chacun soutenu par des groupes industriels actifs dans l’automobile et les batteries. Le contrat, évalué à près de 100 milliards de dollars sur 30 à 40 ans, vise la construction et l’entretien de 12 sous-marins conventionnels pour la Marine royale canadienne. Le constructeur allemand TKMS est l’autre soumissionnaire retenu.
Retombées industrielles majeures
Ottawa a exigé que les candidats offrent des retombées industrielles dans des secteurs fragilisés comme l’automobile, l’acier et l’aluminium. Dans ce contexte, Hanwha a annoncé la signature de cinq nouveaux protocoles d’entente avec des partenaires canadiens, incluant un accord avec Algoma Steel. Celui-ci prévoit une contribution de 275 M$ à une nouvelle aciérie de poutres structurales à Sault Ste. Marie, ainsi que 70 M$ en achats d’acier. Un projet qui pourrait permettre de ramener une partie des emplois perdus récemment chez Algoma, après la mise à pied de 1 000 travailleurs. Hanwha affirme avoir signé des ententes avec 21 entreprises canadiennes à ce jour. Une étude de KPMG estime que ces partenariats pourraient générer jusqu’à 15 000 emplois au Canada.
Une stratégie à long terme
Hanwha ouvrira un bureau à Ottawa en février et affirme vouloir devenir un acteur clé du secteur de la défense canadien. Le Canada, pour sa part, s’est engagé à porter ses dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035, ce qui représenterait environ 150 milliards de dollars par année, selon le premier ministre Mark Carney.
Conclusion
Si Hyundai décidait de produire au Canada, ce serait un virage structurant pour l’industrie automobile nationale, surtout en matière de véhicules électriques et de batteries. Lier défense et automobile est politiquement délicat, mais industriellement logique — et potentiellement très payant pour le pays.
Avec des renseignements du Globe and Mail
Le texte Ottawa et la Corée du Sud discutent d’une production automobile au Canada provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile
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