Y-a-t-il réellement un avenir pour Dodge ?

Après des années de rendez-vous ratés et de sous-investissements, Dodge se retrouve dans une impasse difficile à renverser. La marque américaine peine sur le marché nord-américain et au Canada, où ses ventes continuent de souffrir, même si certains chiffres récents montrent des tendances mitigées.

Chute globale des ventes, chiffres canadiens récents

Sur le plan mondial, Dodge a vu ses ventes chuter de 28 % en 2025, avec environ 101 927 unités vendues, impactées par l’arrêt des Charger et Challenger thermiques et des performances en demi-teinte du Charger EV Daytona. Du côté canadien, les statistiques provinciales illustrent cette faiblesse. Au Québec en 2024, Dodge n’a vendu que 1 324 unités, soit un recul important de -34,6 % par rapport à 2023, loin derrière les marques généralistes.

Au niveau de Stellantis Canada au premier trimestre 2025, la marque affiche environ 2 844 ventes, en légère baisse par rapport à l’année précédente, malgré une légère amélioration des ventes du Durango.

Une gamme qui s’effrite

Dodge a récemment supprimé le Hornet, son second modèle le plus vendu, qui avait trouvé 9 365 acheteurs en 2024, devant le Charger Daytona (7 421 ventes). Cela signifie que la marque se retrouve aujourd’hui avec seulement deux modèles significatifs :

  • Durango, le VUS grande taille, encore solide malgré son âge ;
  • Charger Daytona EV, électrique mais aux ventes modestes.

Comparativement, Chrysler, avec une offre vieillissante de fourgonnettes, a réussi à faire mieux que Dodge au Canada, ce qui illustre à quel point la marque muscle car a perdu du terrain.

Durango : une exception qui confirme la règle

Le Dodge Durango reste la locomotive de la gamme. Malgré son âge, il a connu sa meilleure performance de ventes depuis 2005, un signe encourageant dans un marché difficile. Cependant, le nouveau Durango n’est pas prévu avant 2029, un hiatus qui laisse Dodge sans nouveau produit majeur pendant des années, ce qui accentue l’urgence stratégique.

Perspectives et scénarios pour relancer Dodge

Pour redresser la barre, plusieurs pistes se dégagent :

1. Un VUS d’entrée de gamme fabriqué en Amérique

Le Hornet et le Nitro ont été perçus comme des tentatives peu convaincantes, souvent critiquées comme de simples versions badgées de modèles existants. Dodge a besoin d’un VUS distinctif, conçu pour répondre aux attentes des acheteurs canadiens et américains, de préférence produit en Amérique du Nord pour éviter les surtaxes.

2. Renforcer l’identité « muscle »

Bien que la gamme Charger électrique soit un pas vers l’électrification, introduire une version plus accessible en dessous de l’actuel R/T (dont le prix de base dépasse les 49 000 $) pourrait attirer une clientèle plus large, d’autant que de nombreux propriétaires de Challenger se tournent vers des offres concurrentes (ex. Ford Mustang) faute d’alternative chez Dodge.

3. Tirer parti des pickups et utilitaires

Même si Dodge n’a plus de pickup sous sa bannière (le Ram étant une marque séparée), exploiter la croissance des segments de camions et VUS au Canada avec des dérivés Dodge pourrait renforcer la présence de la marque dans des segments porteurs.

Conclusion

Dodge est aujourd’hui une marque en transition, avec des ventes canadiennes faibles et une gamme réduite. Le Durango reste un point d’ancrage, mais sans produit nouveau avant 2029, la marque risque de perdre encore du terrain. Pour survivre, elle doit élargir son offre avec des produits pertinents, différenciés et adaptés au marché nord-américain, tout en consolidant son ADN performance. Pour cela il faudra dépenser beaucoup de sous que Stellantis n’a pas.

 

Le texte Y-a-t-il réellement un avenir pour Dodge ? provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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