SAAQclic : Un désastre à 1,1 milliard $

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) voulait révolutionner ses services avec SAAQclic, un portail numérique visant à simplifier les démarches des automobilistes. Deux ans après son lancement chaotique en février 2023, le système est toujours défaillant.

Pire encore, le projet, initialement prévu pour coûter 638 millions $, a explosé à 1,1 milliard $. Ce gouffre financier a été révélé par un rapport accablant de la Vérificatrice générale du Québec, publié en février dernier.

Un projet ambitieux devenu un fiasco

Le concept de SAAQclic partait d’une bonne intention : permettre aux citoyens d’effectuer en ligne des démarches comme le renouvellement de permis, l’immatriculation d’un véhicule ou le paiement d’amendes. L’objectif était aussi de centraliser toutes les informations relatives aux usagers (points d’inaptitude, véhicules possédés, restrictions médicales, etc.).

Mais dès le lancement, rien n’a fonctionné :

  • Difficulté à créer un compte nécessitant plusieurs identifiants (NAS, permis de conduire, carte d’assurance maladie et numéro fiscal).
  • Pannes et plantages constants, rendant l’accès au portail presque impossible.
  • Dossiers incomplets, empêchant les automobilistes d’accéder à leurs documents.

Pour ne rien arranger, la SAAQ avait suspendu 430 000 transactions avant la transition, engorgeant encore plus le système. Résultat : des files d’attente interminables, des bureaux physiques surchargés et une colère grandissante chez les citoyens.

Des mesures d’urgence inefficaces

Face à la crise, le gouvernement a tenté de colmater les brèches :

  • Embauche de 150 employés supplémentaires pour assister les bureaux en détresse.
  • Installation de remorques chauffées pour accueillir les files d’attente monstrueuses.
  • Instauration de rendez-vous obligatoires, allongeant encore les délais.

Malgré ces efforts, les files d’attente ne cessaient de s’allonger et la fréquentation du portail en ligne a chuté sous son niveau d’avant SAAQclic, un comble pour un projet censé améliorer l’accessibilité des services.

Une gestion catastrophique révélée par l’audit

En 2024, la Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a dévoilé les dépassements budgétaires massifs et le manque total de supervision du projet. Parmi les révélations les plus choquantes :

  • 222 millions $ de dépenses cachées par la SAAQ.
  • Un système toujours inefficace malgré des investissements colossaux.
  • Des élus inconscients de l’ampleur du désastre, y compris la ministre des Transports Geneviève Guilbault, qui a affirmé avoir été trompée par la SAAQ sur les coûts réels du projet.

Une crise politique et des démissions

Ce scandale a forcé le gouvernement Legault à réagir. Trois enquêtes ont été annoncées :

  1. Une enquête interne à la SAAQ.
  2. Une enquête de l’UPAC (Unité permanente anticorruption).
  3. Une enquête du Conseil du trésor sur l’attribution des contrats liés au projet.

Le premier à tomber fut Éric Caire, ministre responsable de la Cybersécurité et du Numérique, qui a démissionné dès la publication du rapport.

Un avenir incertain pour la SAAQ

Ce fiasco soulève de nombreuses questions sur la gouvernance de la SAAQ et l’absence totale de contrôle des dépenses publiques. Le gouvernement devra-t-il remettre en question l’autonomie de la SAAQ et imposer une supervision plus stricte ?

Une chose est sûre : les Québécois méritent des explications, des responsables et surtout, un service fonctionnel pour un milliard de dollars dépensé.

Avec des renseignements de Driving.ca

Le texte SAAQclic : Un désastre à 1,1 milliard $ provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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