Trois Sprinter au Musée Mercedes-Benz

Trois. C’est le chiffre parfait pour souligner le 30e anniversaire du véhicule commercial emblématique qu’est le Sprinter. Un chiffre qui décrit une petite exposition temporaire organisée par le Musée Mercedes-Benz à Stuttgart afin de rappeler l’importance de ce porte-étendard de la marque étoilée.

Intitulée 30 ans du Sprinter, cette exposition amorcée le 4 février se poursuit jusqu’au 30 mars. Elle permet aux visiteurs de ce grand musée de découvrir trois éléments de l’illustre famille de ce véhicule.

Dans l’atrium, près des guichets du musée, les visiteurs peuvent découvrir un Sprinter de première génération. Ce modèle 208 D 1995 est équipé d’un 4-cylindres diesel de 2 299 cc, un moteur atmosphérique qui développe 79 ch et lui permettait d’atteindre une vitesse de 135 km/h.

À quelques pas de là, un eSprinter électrique et un Sprinter 4×4, deux modèles de l’actuelle troisième génération, évoquent l’évolution fulgurante subie par ce véhicule en trois décennies. Il ne manque qu’un Sprinter de la seconde génération…

Bientôt, 5 millions de Sprinter

Mercedes-Benz a ainsi donné le coup d’envoi de festivités qui se dérouleront tout au long de l’année. Une année qui coïncidera d’ailleurs avec l’atteinte d’un jalon historique. Car, d’après Klaus Rehkugler, le directeur Ventes et Marketing de Mercedes-Benz Vans, cette année, le cap des cinq millions de Sprinter vendus sera franchi.

« Depuis trois décennies, il façonne la vie des gens et fait tourner le monde. Qu’il s’agisse des services d’urgence, des sociétés de livraison, des artisans ou sur les chantiers, le Sprinter s’est imposé comme le partenaire idéal », se réjouit-il.

Un nom d’abord imaginé par les Français

Cet anniversaire fait ressortir, par ailleurs, une anecdote intéressante au sujet du Sprinter. En effet, cette appellation aurait d’abord servi à Mercedes-Benz France exclusivement avant d’être adoptée par la maison-mère de la marque.

À l’automne 1991, lorsque le constructeur allemand apporte des retouches esthétiques au fourgon compact MB 100, un prédécesseur du Sprinter, la filiale française choisit de donner à la version commerciale de ce véhicule la dénomination Sprinter, alors que la version passagers est rebaptisée Reporter.

Cette initiative de la filiale française aurait-elle inspiré la maison-mère de Stuttgart ? L’histoire ne le précise pas. Cependant, au moment de dévoiler son nouveau véhicule utilitaire de livraison de grande diffusion, en 1995, Mercedes-Benz annonce qu’il se nomme Sprinter.

1995 : début d’une longue histoire

Dévoilé en janvier 1995, le Sprinter fait son apparition chez les revendeurs européens de la marque en mai de la même année. Il succède aux Mercedes-Benz TN (appelé initialement T1), un modèle plus gros que le MB 100 aussi appelé « Bremer Transporter ».

Comparativement aux véhicules qu’il remplace, le Sprinter ne reprend que le concept technique de base, le reste étant conçu et dessiné à partir de zéro. D’ailleurs, au sein de la marque Mercedes-Benz, ce véhicule est le premier modèle commercial « étoilé » auquel on donne un patronyme plutôt qu’une appellation alphanumérique.

Le Sprinter se distingue par sa carrosserie autoporteuse de forme aérodynamique, sa suspension avant indépendante et ses moteurs puissants (pour l’époque) qui entraînent les roues arrière. En outre, il a quatre freins à disque et des ceintures de sécurité à trois points d’ancrage réglables en hauteur. De plus, un système de freins antiblocage avec répartition électronique de la puissance de freinage, de même qu’un sac gonflable du côté conducteur figurent au catalogue des options.

Le Sprinter original se décline en plusieurs versions : châssis-cabine ou version à benne basculante avec respectivement une cabine double ou simple, mais aussi fourgonnette tôlée ou minibus à cinq ou neuf places. Il peut avoir un toit normal ou rehaussé et un empattement de 3 000 mm ou 4 025 mm.

En 2002, Mercedes équipe la première génération de Sprinter d’un dispositif de stabilité électronique. Cette première mondiale établit une nouvelle norme en matière de sécurité active dans le créneau des utilitaires de livraison. Des sacs gonflables latéraux et un système d’antipatinage qui s’ajoutent à la liste d’options au milieu des années 2000 renforcent ce statut.

Environ 1,3 million d’exemplaires de cette première génération de Sprinter seront produits.

2006 : plus de technologie et de sécurité

La seconde génération est lancée au début 2006 et propose plus de variantes. Le Sprinter a désormais trois empattements, quatre longueurs de carrosserie et trois hauteurs de toit. De plus, la capacité de charge limitée à 3,5 t auparavant varie désormais de 3,0 à 5,0 t, selon la version. Un dispositif de stabilité électronique fait aussi partie de la dotation de série pour les fourgons et minibus ayant une capacité de charge de 3,5 t ou moins.

À partir de 2008, une suspension pneumatique qui fait son apparition au catalogue d’options procure un surcroît de confort et de sécurité. L’année suivante, on assiste à l’apparition de BlueEfficiency. Cet ensemble de technologies entourant les moteurs diesel et comprenant, entre autres, un dispositif d’arrêt-démarrage automatique au ralenti, permet de diminuer la consommation et les émissions de particules polluantes. En 2013, enfin, on assiste à l’introduction d’un dispositif d’assistance à la stabilité par vents latéraux, une première mondiale en matière de sécurité active.

2018 : connectivité et électrification

La troisième génération du Sprinter est lancée en 2018. De nouveau, le constructeur étoffe la gamme notamment en ajoutant une motorisation à roues avant motrices destinée aux véhicules récréatifs et aux fourgons à chevaux vendus en Europe.

De plus, grâce au système multimédia MBUX (pour Mercedes-Benz User Experience), le nouveau Sprinter établit de nouvelles normes en matière d’infodivertissement et de connectivité, en offrant des fonctions comme la commande vocale, la géolocalisation et l’intégration aux services de gestions de parcs.

En termes de sécurité, sa dotation est bonifiée par l’apparition du système Distronic, un régulateur de vitesse adaptatif. Suivra en 2019 le dévoilement de l’eSprinter, la variante à motorisation électrique d’abord destinée aux livraisons du « dernier kilomètre ».

Présent en Amérique du Nord très tôt

Le Sprinter fait son apparition sur le marché nord-américain dès 2002. Il porte d’abord l’écusson de Freightliner, une marque de véhicules commerciaux du Groupe Mercedes-Benz AG (DaimlerChrysler à l’époque). Pour accroître son rayonnement commercial, l’année suivante il remplace le fourgon Ram Van et devient du même coup un nouveau produit de la marque Dodge.

Imaginées par les stratèges de la marque Mercedes-Benz aux États-Unis et à Stuttgart, ces deux réattributions de marques résultent d’une crainte de voir ces véhicules-outils ternir l’image haut de gamme des véhicules de marque Mercedes-Benz.

Toutefois, cette stratégie de différenciation préventive est abandonnée en septembre 2009. Commercialisés peu après, les Sprinter 2010 afficheront enfin l’étoile à trois branches au cœur de leur calandre.

Une usine aux États-Unis

Rappelons, enfin, qu’en mars 2007, DaimlerChrysler inaugure une usine d’assemblage à Ladson, à une trentaine de kilomètres au nord de Charleston, en Caroline du Sud. Elle devient une des quatre usines où l’on produit de ces véhicules, avec celles de Düsseldorf et de Ludwigsfelde en Allemagne, et celle de Gonzalez Catan, en Argentine.

À l’époque de son inauguration, cette usine assemble des Sprinter portant un écusson Dodge ou Freightliner pour les marchés du Canada et des États-Unis. Aujourd’hui, les Sprinter et eSprinter qui en sortent (51 600 véhicules en 2023) arborent l’étoile à trois branches de Mercedes-Benz.

Photos : Mercedes-Benz

Le texte Trois Sprinter au Musée Mercedes-Benz provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile

 

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