Volkswagen transformera une usine en site de production militaire
Volkswagen a franchi une étape importante dans la reconversion de son usine d’Osnabrück, en Allemagne. Le constructeur a conclu un accord préliminaire avec la société israélienne Aurelius Capital afin de transformer le site en centre de production d’équipements militaires en collaboration avec Rafael Advanced Defense Systems. Cette entente pourrait offrir une nouvelle vie à une usine vieille de 125 ans, dont la production automobile doit prendre fin l’an prochain.
Une nouvelle vocation pour 2 300 employés
Selon le projet dévoilé le 7 septembre, Aurelius deviendrait l’actionnaire majoritaire de l’usine, aux côtés du gouvernement du Land de Basse-Saxe, où se trouve également le siège de Volkswagen. Le premier projet envisagé consisterait à travailler avec Rafael Advanced Defense Systems à la fabrication de systèmes et de composants destinés à la défense aérienne en Allemagne et en Europe. L’usine d’Osnabrück emploie actuellement environ 2 300 personnes. Elle doit perdre son dernier modèle Volkswagen lorsque la production du T-Roc Cabriolet prendra fin en 2027. Cette perspective plaçait le site devant un avenir particulièrement incertain.
Des équipements pour le système Iron Dome
Le projet pourrait notamment être lié au système de défense antimissile Iron Dome, développé par Rafael. Des informations publiées précédemment faisaient état d’un projet portant sur la fabrication d’équipements de soutien destinés à ce système, notamment des véhicules lourds capables de transporter les missiles, les lanceurs et les génératrices nécessaires à leur fonctionnement. Volkswagen ne précise toutefois pas encore l’étendue exacte de la production qui pourrait être réalisée à Osnabrück. Rafael souhaite pour sa part développer une relation industrielle à long terme avec ses partenaires allemands.
Une solution au problème des usines excédentaires
La reconversion d’Osnabrück arrive alors que Volkswagen entreprend l’une des restructurations les plus importantes de son histoire récente. Le constructeur cherche à réduire sa capacité de production européenne excédentaire d’environ 500 000 véhicules par année, tout en faisant face à une forte opposition des représentants des travailleurs à la fermeture d’usines. Le plan de restructuration présenté récemment par Volkswagen prévoit également environ 50 000 suppressions de postes supplémentaires et une réduction importante du nombre de modèles offerts. Pour les dirigeants, la reconversion industrielle représente donc une avenue privilégiée lorsque la production automobile n’est plus économiquement viable.
Quatre usines allemandes dans l’incertitude
Osnabrück n’est pas le seul établissement Volkswagen dont l’avenir est incertain. Le constructeur doit trouver des solutions pour plusieurs autres usines allemandes sous-utilisées. Le cas d’Osnabrück démontre toutefois qu’une usine automobile peut conserver une vocation industrielle même lorsque la production de véhicules cesse. La recherche d’investisseurs et de partenaires industriels pourrait ainsi permettre à Volkswagen de préserver une partie des emplois et des infrastructures sans maintenir artificiellement une production automobile déficitaire. Le constructeur a indiqué qu’il chercherait des investisseurs, des partenaires industriels et de nouvelles utilisations pour les sites où une nouvelle production automobile ne serait pas économiquement viable.
Un montage qui évite un partenariat direct Volkswagen-Rafael
Un élément particulièrement intéressant de l’entente concerne sa structure. Le projet ne repose pas sur un partenariat direct entre Volkswagen et Rafael. Aurelius jouerait plutôt le rôle d’intermédiaire et deviendrait le principal propriétaire du site, avec la participation du gouvernement de Basse-Saxe. Cette formule pourrait avoir contribué à lever certains obstacles politiques. Volkswagen compte en effet parmi ses principaux actionnaires la Qatar Investment Authority, qui détient environ 17 % des droits de vote du constructeur et possède deux sièges à son conseil de surveillance. Le Qatar entretient des relations tendues avec Israël, particulièrement depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Un partenariat militaire direct entre Volkswagen et une entreprise israélienne aurait donc pu créer des complications supplémentaires.
Une demande croissante pour les systèmes de défense aérienne
Le contexte géopolitique favorise également le projet. La guerre en Ukraine et les récents conflits au Moyen-Orient ont fortement sollicité les stocks mondiaux de systèmes de défense aérienne. Cette situation pourrait entraîner une hausse de la demande pour des équipements comme le système Iron Dome. Pour l’Allemagne et plusieurs pays européens, le renforcement des capacités de défense est devenu une priorité stratégique, ce qui pourrait offrir à Osnabrück une nouvelle vocation industrielle à long terme.
Volkswagen change de métier pour sauver ses usines
L’accord concernant Osnabrück demeure toutefois préliminaire. Volkswagen précise que la transaction devra faire l’objet d’ententes définitives, d’une approbation par les instances concernées et d’examens réglementaires. Les détails concernant les activités qui seront réalisées sur le site, le calendrier du projet et les perspectives d’emploi seront communiqués ultérieurement. Pour Volkswagen, le dossier d’Osnabrück pourrait néanmoins servir de modèle. Transformer une usine automobile en site industriel spécialisé plutôt que la fermer représente une solution particulièrement intéressante pour un constructeur qui doit composer avec une capacité de production devenue trop importante.Après plus d’un siècle consacré à l’automobile, l’usine d’Osnabrück pourrait donc bientôt fabriquer des équipements destinés à protéger des véhicules plutôt que des véhicules eux-mêmes.
Avec des renseignemenrs d’Automotive News
Le texte Volkswagen transformera une usine en site de production militaire provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile



