Volkswagen approuve un plan qui élimine 50 000 emplois
Volkswagen vient de donner son feu vert à l’un des plus importants plans de restructuration de son histoire. Le conseil de surveillance du groupe a approuvé le Future Plan 2030, une vaste stratégie destinée à réduire les coûts, simplifier les activités du constructeur et améliorer sa compétitivité face à une concurrence mondiale de plus en plus agressive. Le plan prévoit notamment 50 000 suppressions de postes supplémentaires, qui s’ajouteraient aux réductions déjà annoncées. Volkswagen vise ainsi une diminution totale de ses effectifs pouvant atteindre 100 000 emplois. Le constructeur allemand n’a toutefois pas précisé le calendrier de ces nouvelles compressions ni leur répartition entre les différentes marques et régions du groupe. Volkswagen a confirmé que les postes de gestion seraient également touchés. Le groupe, dirigé par Oliver Blume et propriétaire notamment des marques Audi, Bentley, Porsche et Skoda, cherche à transformer une organisation devenue trop coûteuse et trop complexe pour les réalités actuelles du marché automobile.
Une réduction massive de la gamme d’ici 2035
La réduction des effectifs n’est qu’une partie du programme. Volkswagen prévoit également de réduire sa gamme de modèles d’environ 50 % d’ici 2035. Le groupe entend aussi revoir l’ensemble de ses participations, de ses activités et de son portefeuille immobilier. L’objectif est clair : conserver uniquement les entreprises et les actifs capables de générer une contribution stratégique ou financière directe aux activités principales de Volkswagen. Les activités jugées non essentielles pourraient être vendues, restructurées ou transférées à de nouveaux propriétaires. Cette approche marque un changement important pour Volkswagen, qui a longtemps bâti sa croissance sur un portefeuille particulièrement vaste de marques, de plateformes, de modèles et d’activités industrielles.
Quatre usines allemandes pourraient y passer
Le plan ne prévoit pas, du moins pour l’instant, la fermeture immédiate d’usines. Toutefois, Volkswagen reconnaît que son réseau industriel européen souffre d’une importante surcapacité. Le constructeur estime disposer d’une capacité de production excédentaire d’environ 500 000 véhicules par année en Europe. Quatre sites allemands sont particulièrement sous surveillance : Emden, Hanovre, Neckarsulm et Zwickau. Selon Volkswagen, ces installations ne disposent actuellement pas d’une production future suffisamment compétitive une fois que les modèles qui y sont assemblés arriveront à la fin de leur cycle de vie, entre 2031 et 2034. Le groupe analyse donc différentes solutions pour assurer l’avenir de ces usines. Cela pourrait inclure une nouvelle vocation industrielle, une réorganisation des activités ou même, selon certaines sources, une exploitation sous une nouvelle propriété. En d’autres mots, Volkswagen ne parle pas officiellement de fermeture, mais l’avenir de ces sites est loin d’être garanti.
Les syndicats obtiennent certaines concessions
Le projet de restructuration a suscité une forte opposition de la part des représentants des travailleurs et du gouvernement de la Basse-Saxe. Cette opposition a une importance particulière puisque le Land de Basse-Saxe détient environ 20 % des droits de vote de Volkswagen et possède deux sièges au conseil de surveillance. Les dirigeants syndicaux Christiane Benner et Daniela Cavallo ont affirmé avoir évité une aggravation majeure du conflit. Selon eux, aucune usine n’a été abandonnée dans le cadre de l’entente et un projet visant à séparer la marque Volkswagen de tourisme et certaines activités liées aux composants aurait également été écarté. Le comité d’entreprise de Volkswagen tente également de relativiser le chiffre de 50 000 emplois. Selon les représentants des travailleurs, il s’agit davantage d’une hypothèse utilisée dans les calculs financiers pour atteindre les objectifs de rentabilité du groupe que d’un nombre fixe de postes qui doivent absolument disparaître. Volkswagen vise notamment une marge bénéficiaire de 9 % d’ici 2030. À titre de comparaison, la marge du groupe au deuxième trimestre s’établissait à seulement 4,2 %. Les accords actuels prévoient par ailleurs que les licenciements obligatoires chez Volkswagen demeurent exclus jusqu’à la fin de 2030.
Oliver Blume veut réduire les coûts et concentrer les investissements
Pour Oliver Blume, la situation est relativement simple : Volkswagen ne peut plus maintenir la même structure industrielle et les mêmes coûts tout en finançant simultanément les investissements massifs nécessaires dans les véhicules électriques, les batteries et les logiciels. Le groupe prévoit toujours des dépenses considérables malgré son programme de réduction des coûts. Volkswagen prévoit ainsi investir environ 135 milliards d’euros entre 2027 et 2031 en immobilisations et en recherche et développement. Le groupe vise une production et des ventes annuelles d’environ 9 millions de véhicules, ce qui représente une organisation plus compacte que celle envisagée au cours des années précédentes. Une partie importante du défi sera de déterminer quelles marques, quels modèles et quelles technologies méritent encore d’importants investissements.
La concurrence chinoise accélère la restructuration
Volkswagen subit également une pression croissante de la part des constructeurs chinois. Des entreprises comme BYD, MG, propriété du groupe SAIC, et Chery poursuivent leur expansion sur le marché européen avec des véhicules électriques et hybrides souvent proposés à des prix particulièrement compétitifs. Pour Volkswagen, le problème ne consiste donc pas uniquement à vendre davantage de voitures. Le constructeur doit également réussir à réduire ses coûts tout en protégeant ses marges bénéficiaires. Les investisseurs réclamaient depuis plusieurs mois des décisions plus radicales, particulièrement alors que les rendements financiers du groupe et les dividendes versés aux actionnaires sont sous pression. La famille Porsche-Piëch, qui contrôle une majorité des droits de vote du groupe par l’intermédiaire de Porsche SE, aurait notamment poussé pour une accélération du processus.
Un virage douloureux
L’approbation unanime du plan constitue une victoire importante pour Oliver Blume. La direction de Volkswagen était confrontée à un rapport de force complexe au sein du conseil de surveillance, où les représentants syndicaux et la Basse-Saxe disposent d’une influence considérable. Le compromis évite pour l’instant une confrontation ouverte entre la direction, les syndicats et les actionnaires. Reste maintenant la partie la plus difficile : transformer ce plan en résultats concrets. Réduire la gamme de modèles, les effectifs et les capacités de production représente un exercice particulièrement délicat pour un constructeur qui emploie des centaines de milliers de personnes et qui constitue l’un des piliers industriels de l’Allemagne. Mais Volkswagen semble avoir accepté une réalité incontournable : le groupe ne peut plus conserver indéfiniment une structure conçue pour un marché automobile qui n’existe plus. La décennie qui vient déterminera si cette cure d’amaigrissement permettra réellement à Volkswagen de retrouver sa rentabilité ou si elle ne fera que repousser des décisions encore plus difficiles.
Avec des renseignements d’Automotive News
Le texte Volkswagen approuve un plan qui élimine 50 000 emplois provient de L’annuel de l’automobile – Actualité automobile




