Tesla Optimus : la guerre des robots humanoïdes commence
Tesla détourne encore un peu plus son regard de l’automobile traditionnelle : le constructeur texan vient d’amorcer la production initiale de son robot humanoïde Optimus dans son usine de Fremont, en Californie. Elon Musk promet les premières livraisons aux clients vers la fin de l’année 2027.
Tesla dit avoir déjà installé la majeure partie d’une chaîne de montage capable d’assembler un million de ses robots humanoïdes par année. Le grand patron dit toutefois qu’il faudra au moins un an ou peut-être plus pour atteindre cette cadence de production. Ses premières machines exécuteront des tâches industrielles répétitives ou dangereuses avant de viser nos maisons.
Bref, ça s’en vient.
Tesla n’est pas seul dans cette course à l’automatisation. Ses grands rivaux asiatiques investissent aussi des sommes colossales pour transformer leurs usines. Les constructeurs automobiles veulent désormais vendre de la robotique au sens large.
Toyota prévoit ainsi le déploiement de 400 000 robots sur ses chaînes d’assemblage. Cette stratégie repose sur un plan d’investissement annuel de 6,4 milliards de dollars autour de son propre modèle nommé ELEY. De son côté, la filiale Boston Dynamics du groupe Hyundai vient d’ouvrir un centre en Géorgie pour entraîner son robot Atlas.
D’ailleurs, il y a un obstacle technique majeur qui freine cet élan futuriste. On le sait, Tesla récolte facilement des données de conduite grâce à ses millions de voitures sur la route, mais elle part de zéro pour entraîner ses robots. L’entreprise a donc décidé de créer une école pour robots, l’Optimus Academy, qui réunira entre 10 000 et 20 000 machines. Ces robots vont répéter des gestes en boucle pour nourrir l’intelligence artificielle du groupe.
La puissance informatique devra suivre cette cadence d’apprentissage. L’usine texane Terafab fournira dès le mois d’avril une nouvelle puce maison nommée AI5 pour équiper chaque robot. Elon Musk compare d’ailleurs les débuts maladroits de sa créature aux premiers pas d’un bébé.
Cela dit, on ne sait pas si la demande sera au rendez-vous. La Fédération internationale de la robotique calcule que 603 000 robots ont trouvé preneur dans le monde l’an dernier. Les modèles humanoïdes représentent à peine 7000 de ces unités. Le marché demeure donc minuscule par rapport aux promesses de Musk.
Aussi, ce virage soulève des questions pour la suite de Tesla. Tandis que Musk consacre son énergie et ses milliards à des humanoïdes, la marque de voitures électriques subit beaucoup de concurrence. Les travailleurs du secteur s’inquiètent aussi de voir des machines les remplacer dans les usines. Le rêve robotique d’Elon Musk fascine Wall Street, mais il éloigne Tesla de son mandat réel.
Le texte Tesla Optimus : la guerre des robots humanoïdes commence provient de L’Annuel de l’automobile – Essais routiers et actualité automobile au Canada




