Rush de pneus : le temps supplémentaire est-il vraiment rentable?
Deux fois par année, le rush de pneus met la capacité des ateliers à rude épreuve. Les horaires se remplissent rapidement, les délais s’allongent et la tentation est grande de prolonger les journées ou d’ouvrir davantage la fin de semaine.
Le temps supplémentaire semble alors être une solution logique : plus d’heures travaillées, plus de véhicules servis et plus de revenus. Mais est-ce nécessairement plus rentable?
Plus de capacité, mais à quel coût?
Le principal avantage du temps supplémentaire est d’augmenter temporairement la capacité sans devoir embaucher pour une période de quelques semaines. Il permet aussi de répondre rapidement à la demande, de réduire les délais et, surtout, de conserver une clientèle qui pourrait autrement se tourner vers un concurrent.
Cependant, cette capacité supplémentaire coûte plus cher. Lorsque les techniciens sont rémunérés à temps et demi, chaque heure de production doit générer suffisamment de marge pour justifier cette dépense.
Et c’est précisément là que le rush de pneus mérite réflexion.
Quand le produit d’appel coûte encore plus cher
Les changements de pneus, tout comme les changements d’huile, sont souvent des loss leaders, ou produits d’appel. Leur marge est volontairement limitée parce qu’ils permettent d’attirer le client dans l’atelier, de rester compétitif, et de créer d’autres occasions d’affaires.
Or, effectuer principalement ces services avec de la main-d’œuvre payée en temps supplémentaire peut réduire davantage une marge déjà faible.
L’atelier peut donc servir plus de véhicules et augmenter son chiffre d’affaires… sans nécessairement augmenter ses profits dans les mêmes proportions.
Rentabiliser chaque visite
Le temps supplémentaire devient beaucoup plus intéressant lorsque le changement de pneus constitue réellement une porte d’entrée vers d’autres travaux.
Freins, suspension, direction, alignement ou entretien à prévoir : une inspection efficace permet de détecter des besoins et de planifier des interventions plus rentables.
Mais attention : dans un rush où l’objectif devient simplement de faire entrer et sortir le maximum de véhicules, cette occasion peut facilement être perdue. Si personne n’a le temps d’inspecter, de préparer une estimation ou de communiquer les recommandations au client, le produit d’appel ne joue plus son rôle.
Il faut également considérer la fatigue. Des journées prolongées pendant plusieurs semaines peuvent réduire la productivité, augmenter les risques d’erreurs et affecter le moral de l’équipe.
Le temps supplémentaire peut donc être un excellent outil pendant le rush, mais il ne devrait jamais devenir un automatisme. La véritable question n’est pas combien de véhicules supplémentaires l’atelier peut servir, mais plutôt combien de profits ces heures supplémentaires permettent réellement de générer.
Crédit image : Générée par IA
Cet article a été publié originalement sur auto-gestion


